LES ACTRICES TEMOIGNENT

ATTENTION :

Langage explicite. Ce contenu peut perturber.

 Vidéo publiée sur la page de Treasures, collectif de personnes survivantes du trafic sexuel (la traite), qui tente de former le public aux réalités de l’industrie du sexe. Treasures a été fondé en 2003.

Plus d’infos à l’adresse suivante : http://iamatreasure.com/about-us/

EXTRAIT :

Harmony Grillo (fondatrice de MFW, et directrice exécutive de « Treasures ») : « Le seul moyen de survivre dans l’industrie du sexe, c’est de s’engourdir totalement l’esprit. Que cela soit par les drogues, ou la dissociation*, état dans lequel un grand nombre d’entre nous parviennent à se mettre, car nous vivons un passé fait de sévères traumatismes, de viols et d’abus. Le seul moyen de survivre est de se déconnecter totalement. Ce n’est pas une vie… Et il arrive un stade où vous avez besoin de vous déconnecter tellement et si souvent que c’est très difficile de se reconnecter après. C’est comme être un zombie. « 

[*Le phénomènes de Dissociation Emotionnelle (ou « dissociation traumatique ») est un processus psychologique particulièrement répandu chez les personnes victimes d’abus sexuels et de viol. Beaucoup d’anciennes prostituées et anciennes « pornstars » en parlent (sans forcément utiliser ce terme technique) : Jenna Jameson, Belladonna, Jan Meza (Elizabeth). La personne se « coupe » de ses émotions, afin de ne pas avoir à faire face à la situation qu’elle trouve « sidérante » (on parle d’état de sidération). Tout cela est bien connu des Psychologues spécialisés en victimologie et de certains Psychiatres qui interviennent auprès des victimes de trafic sexuel. En France, je recommande les travaux/interviews d’Anne Ferrand et de Muriel Salmona sur le sujet. Ou encore, pour en savoir plus sur les états de dissociation et de sidération chez les victimes, vous pouvez lire l’article de Marianne Kuhni, psychothérapeute spécialisée dans l’aide aux victimes. ]

Bronwen : « Pour moi, les 12 mois que j’ai passés au sein de cette industrie ont été les 12 mois les plus destructeurs de ma vie. Et il y a pas mal de jeunes filles qui me répondent « 12 mois c’est pas très long. » … Sauf que 12 secondes c’est déjà trop. Vous savez j’étais la fille de quelqu’un qui me payait pour coucher avec des inconnus, nuit après nuit, inconnus après inconnus. Je n’avais aucune idée de ma valeur. Je ne savais pas que je méritais mieux que cela. Cela n’a pas brisé que mon corps mais aussi mon âme. »

Jessica : » Il n’y avait plus de « moi ». Plus rien de mes dons ou de mes talents. Il ne restait plus que cette version pervertie de mes « talents ». C’était comme se transformer en bête. Honnêtement, peu importe le nombre de fois où je me mettais nue, peu importe le niveau de perversité atteint dans une scène, peu importe ce qu’on me demandait de faire… Personne n’étais jamais satisfait. Ce n’était jamais assez. Ils en voulaient toujours plus. »

Harmony (Dust) Grillo : « Toute mon expérience au sein de l’industrie se résume à : devenir quelqu’un d’autre pour satisfaire le fantasme d’un inconnu. Quand vous y réfléchissez, l’intimité, la vraie, c’est quand vous connaissez quelqu’un, et que l’autre vous connait aussi. L’industrie c’est tout le contraire. Il s’agit de devenir ce que quelqu’un d’autre veut que vous soyez. Et donc au final, je ne savais même plus qui était Harmony, car j’étais trop occupée à être « Monique ». Monique n’était pas une vraie personne, mais juste une compilation des fantasmes des autres. Quitter l’industrie ça veut dire vivre une véritable déconstruction de tout ça pour revenir à qui je suis vraiment, sans rapport avec ce que d’autres gens voudraient que je sois. »

Rachel, M.Ed (Survivante de la Traite – trafic sexuel, Foundatrice et Directrice Exécutive de SOWEL Education Group) : « Quand vous vous percevez vous-mêmes comme un produit, alors toute votre estime de vous est conditionnée par le fait d’avoir été remarquée ou non, que quelqu’un vous ait achetée ou non, « est-ce que l’autre approuve ? ». Hors, quand vous êtes un être humain, vous avez de la valeur car Dieu l’a dit. Parce-que vous êtes un être humain et que vous êtes sur Terre pour une bonne raison. »

Chris Grillo (Directeur de « Men 4 Treasures) : »Je pense que si les gens qui paient pour du sexe ou qui regardent de la pornographie étaient informés de la réalité de la vie de ces femmes lorsque la caméra est coupée, ou que le « travail » est fini – la sensation d’être brisée, l’anxiété ressentie, le syndrome de stress post-traumatic (« PTSD syndrom ») équivalent à celui des vétéran de la guerre, addictions aux médicaments, à l’alcool, aux drogues… Ce n’est pas aussi glamour que sur le tableau. -  Je pense qu’ils ne pourraient pas continuer d’alimenter cela. »

Harmony : « La plupart des gens ne savent pas que 70% des cas de trafic d’êtres humains concernent l’industrie du sexe. Elles travaillent sur des tournages de scènes pornographiques, dans des clubs de strip-tease, pour des agences d’escort, dans la rue… Et la relation entre le trafic sexuel (traite d’êtres humains à des fin d’exploitation sexuelle) et l’industrie du sexe commercial est très forte et irréfutable. »

Rachel M.Ed : « La définition fédérale du Trafic Sexuel – la Traite – est : exploiter sexuellement quelqu’un à des fins commerciales, en utilisant, la fraude, la force ou la coercition. Dit plus simplement, je l’appelle esclavage, vol d’identité et de la véritable valeur d’une personne… Vol de son véritable potentiel. De tout. Ce n’était pas mon choix ni d’aller danser dans les clubs, ni de gagner de l’argent ainsi, ni de travailler avec lui. NON. C’était : « Tu me dois de l’argent. Tu as signé un contrat. Si tu ne me rends pas cet argent, je vais tuer tes parents. Je reviendrais ensuite te tuer toi et ton colocataire. » Il venait au club parfois et s’assurait qu’on ne me laissait pas m’asseoir. Je n’avais pas le droit de parler aux patrons plus d’1 minute tant qu’ils payaient pas. Il m’a aussi exploitée sexuellement en me vendant aux acheteurs (incluant ceux qui se trouvent dans les clubs de strip-tease). Si un homme achetait une danse avec moi, « il » allait ensuite voir la personne pour lui dire « hey, tu la veux pour ce soir ? » Il avait 3 autres victimes qui travaillaient là-bas elles aussi. « 

Harmony Grillo : « Aussi longtemps que les gens participeront à la demande, il y aura des femmes exploitées sexuellement, des femmes victimes de trafic (« traite ») sexuel. Mais plus les gens se confronteront aux réalités de l’industrie, en les acceptant et en prenant la décision de ne plus participer à la demande, alors un autre jour commencera, et il y aura peut-être moins de femmes exploitées. »

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Dans son témoignage, Jessie Rogers raconte son histoire, et explique qu’à l’instar de plein d’autres jeunes femmes, elle fuyait un foyer où elle était violée, avait besoin d’argent, et s’est faite dupée par une annonce qui proposait de faire du « modelling » (mannequinat), sur le site « craiglist ». Alors âgée de 17 ans, elle a rencontré un « agent » qui lui a finalement expliqué que ce n’était pas du mannequinat classique, mais du porno. Jessie Rogers nous explique que la quasi-totalité des femmes qui font du porno ne font pas ça par plaisir, qu’elles consomment des drogues dures pour rester dans ce fameux état de dissociation (dont parlent de nombreuses anciennes prostituées, actrices porno et thérapeutes victimologues qui soignent ces personnes rescapées de la prostitution).

LECTURE CONSEILLEE (CRAIGLIST ET LES JEUNES FILLES PIEGES DANS L’INDUSTRIE PAR LES AGENTS) :

https://fightthenewdrug.org/how-teen-girls-get-tricked-into-doing-porn/

- Témoignage de Sierra Sin (16) (ancienne actrice porno)« Ma première scène a été l’une des pires expériences de ma vie. C’était très effrayant. C’était une scène très difficile. Mon agent ne m’a pas laissé savoir à l’avance … Je l’ai fait et je pleurais et ils n’ont pas arrêté. C’était vraiment violent. Ils me frappaient. Ça fait mal. Cela m’a fait peur plus que tout. Ils n’arrêteraient pas. Ils ont juste continué à tourner. »

Témoignage de Traci Lords :

« Lors de certaines de mes expériences sur les plateaux de tournage porno, j’étais totalement épuisée et les producteurs ne trouvaient rien à y redire et même de me fournissaient de l’alcool et des drogues. J’ai connu des scènes de sexe brutal (« rough sex ») et j’ai même été cognée par un acteur, je leur ai dit d’arrêter mais ils ne l’ont pas fait avant que je ne commence à pleurer et à gâcher la scène. Lors d’une scène spécifique appelée « Bukkake » j’étais vraiment droguée, les producteurs le savaient et ils m’ont dit d’utiliser une « Douche » pour faire semblant d’uriner sur un autre acteur mais j’ai eu un accident et à la place j’ai déféqué sur l’acteur. J’étais si humilié que je voulais mourir. Ils m’ont dit qu’il n’y avait pas de problème et ne pas m’inquiéter du fait qu’ils n’allaient pas en faire toute une histoire, et pourtant j’ai rapidement appris qu’ils avaient propagé la scène sur tout le web. Je me sentais totalement dégradée. « 

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Voici un extrait de l’article « Performers are sometimes forced or coerced during the production of mainstream pornography. » (17), publié par « Stop Trafficking Demand/PornharmsReasearch, partenaire du National Center of Sexual Exploitation » :

« Les actrices ont signalé les points suivants lors du tournage de films pornographiques :

- L’alcool et la drogue sont des éléments de base dans le porno. Beaucoup reçoivent des médicaments/drogues afin qu’ils puissent continuer à tourner encore après la scène, ou pour ignorer le traumatisme physique vécu par leur corps.

- Si l’interprète s’oppose à la réalisation de quelque chose qui le met mal à l’aise ou représente un risque pour elle, elle est souvent menacée d’abus physique ou d’autres formes de chantage.

- Elles signent souvent des contrats stipulant quels scénarios / pratiques ils sont prêts à pratiquer ou non. Ensuite, leurs « réalisateurs », photographes, « agents » et autres « collègues » acteurs ignorent parfois ces limitations, ou ne les respectent pas, les incitant constamment à entrer précisément dans les scénarios ou les pratiques auxquels elles ne veulent pas recourir.

- Elles sont fréquemment battues, étouffées, dégradées et abusées verbalement par les autres acteurs pendant le tournage. Une grande partie de ce qui se passe sur le tournage peut être définie comme une agression sexuelle et un viol.

- Si les actrices ne font pas semblant d’apprécier, de prendre du plaisir à subir ces abus sexuels, elles sont parfois maltraitées physiquement après le tournage.

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Jaxin Jersey (ancienne prostituée ayant fait du porno) (18) :

« Vous êtes un chiffre. Vous êtes meurtrie. Vous avez les yeux noirs. Vous êtes déchirée. Vous êtes éclatée. Ce n’est pas joli … sur le plateau. On vous blesse… Vous pouvez dire tout ce que vous voulez ils ne vous écoutent pas … Ils ont une autre scène à tourner. Tout est une question d’argent. Ils ont oublié qui ils sont et ils se fichent de savoir qui ils ont blessé. »

Elizabeth (Jan Meza) : Bien sûr que tout était du faux. Je faisais croire à mes fans que je vivais une vie formidable,ce qui était loin de la vérité. J’alimentais leur fantasme. Je racontais que je voulais du sexe 24/42 7/7 et que jouait la comédie pour faire croire que je raffolais de ça et que j’étais heureuse. … J’ai commencé à me sentir comme une non-personne importante, ils connaissaient Elizabeth [la porn star], mais ils jamais ils ne se seraient soucié de la personne derrière, la véritable moi (Jan Meza).

(16) « Harms of production: theorising pornography as a form of prostitution » – Meagan Tyler (2015)

(17)« Performers are sometimes forced or coerced during the production of mainstream pornography. » – PornharmsReasearch / StopTraffickingDemand

(18) « Former porn star Jersey Jaxin Story » – The Pink Cross

 

 

 

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