LA REALITE DE LA DEPENDANCE : A LIRE

[Si vous êtes déjà conscient que vous avez un problème de dépendance à la pornographie, lisez directement la page « Trouver le l’Aide« ]

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« Il y a un éléphant dans un couloir, et personne n’en parle » disait Gary Wilson. 

« Comprendre le plaisir, ce n’est pas y renoncer. Nous ne le condamnons pas, nous ne disons pas que c’est bien ou mal de le poursuivre ; mais faites-le, du moins, les yeux ouverts, en sachant que sa recherche constante trouve toujours son ombre: la douleur. » – Krishnamurti

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Cet article est fait pour :

- vous aider à mieux comprendre ce qu’est l’addiction à la pornographie,

- prendre conscience des conséquences que peut entraîner la dépendance sur votre vie (ou celle d’un/une proche),

- vous permettre de détecter une éventuelle addiction chez vous, ou chez une personne de votre entourage,

- savoir quoi faire si vous ou une personne de votre entourage est dépendant(e).

J’espère du fond du coeur que cet article vous permettra d’avoir une meilleur conscience de la problématique qu’est la pornographie, surtout disponible sur internet, gratuitement, instantanément, avec un contenu illimité et en tout anonymat.

Si vous êtes ici, c’est que vous avez probablement déjà des doutes sur une dépendance potentielle…

Bonne lecture.

LES FACTEURS FAVORABLES A L’ADDICTION :

1 – Des Etudes Scientifiques Tardives

Il y a encore 4 ans, on ne pouvait que se baser sur le récit de l’expérience et les témoignages de personnes dépendantes ou ex-dépendantes pour sensibiliser et prévenir des risques. Nous n’étions pas pris au sérieux, quand, en tant que dépendants en sevrage ou anciens dépendants, nous témoignions de l’extrême nocivité de la pornographie, de son caractère hautement addictif, et de ses nombreuses conséquences potentielles sur la vie de l’individu (conséquences à la fois physiques et psychologiques). Il faut dire que la Science a été longue a s’intéresser au sujet. Toutefois, grâce aux études récentes, il n’est plus possible aujourd’hui de se réfugier derrière le mythe « le porno ne fait de mal à personne » ou « la dépendance à la pornographie n’existe pas ».

Tout comme les études menées en leur temps sur les cerveaux et comportements des dépendants aux drogues « non naturelles » (dites encore « à substance : cocaïne, alcool, héroïne…), une consommation régulière de pornographie est aujourd’hui CLAIREMENT en corrélation avec les 3 phénomènes typiques de la dépendance : la sensibilisation, la désensibilisation (avec « tolérance ») et hypofrontalité.

2 – Des thérapeutes mal informés

Le niveau d’ignorance qui a longtemps plané sur la réalité de la pornodépendance diminue fort heureusement de plus en plus. Toutefois, certains sexologues, thérapeutes, avancent encore que « le porno c’est normal » « tout le monde en regarde », « ça stimule la libido », « ça pimente la vie sexuelle ».

TOUT CECI EST FAUX.

 

[Nous verrons plus loin dans la rubrique "QUOI FAIRE ?" comment choisir un bon thérapeute/spécialiste]

 

3 – Un tabou dangereux dès qu’il s’agit de sexualité

Héritage d’une culture trop pudique sur le sujet, ce n’est pas rendre service aux adolescents que d’entretenir une timidité mal placée sur le thème de la sexualité. La pornographie se réjouit de fournir une « éducation sexuelle » aux (très) jeunes spectateurs qui tombent sur des choses de plus en plus violentes et traumatisantes, qui se chargent de fournir des réponses (épouvantables et lourdes de conséquences) aux jeunes qui  se posent des questions légitimes et naturelles. Mais le silence et la pudeur de l’éducation scolaire et de celle de nombreux parents favorisent malheureusement la consultation des sites X à des âges de plus en plus jeunes. Parents : loin de moi l’idée de vous culpabiliser. Aucun parent n’est parfait, et j’ai parfaitement conscience qu’élever des enfants est une chose difficile. Si vous ne pouvez pas TOUT contrôler, il est néanmoins de votre responsabilité de mettre en garde votre enfant sur les dangers d’internet, de lui en limiter l’accès (un ordinateur familial « de salon » avec des protections informatiques), et surtout d’instaurer un dialogue avec lui dès l’âge des premières curiosités sexuelles (10 ans environ). Je vous invite à vous renseigner également sur l’envers du décors et sur le fait que le porno d’aujourd’hui n’a RIEN A VOIR avec le magazine Playboy de votre jeunesse*…

* Cet article est idéal pour les parents : « Le Cerveau des Ados face au Porno d’Internet ».

* Je vous conseille aussi « Pornocratie », reportage d’Ovidie sur les coulisses de la pornographie moderne.

4 – une vision extrêmement biaisée qu’a une grande partie de la population sur la pornographie, très banalisée…

Beaucoup n’y voit (ou ne veulent y voir) qu’un divertissement inoffensif et « fun » (inconsciente de la réalité de la dépendance qui détruit des couples, des vies, de l’opacité de l’industrie, qui se dissimule habilement derrière une soi-disant « libération des moeurs », une « liberté de jouir », et derrière la norme traditionnelle encore aujourd’hui trop imprégnée par le machisme et le patriarcat). 

Pire encore, la pornographie s’est aujourd’hui implantée dans la culture populaire, pendant que les pornocrates se frottent les mains en gagnant des sommes titanesques. En effet, le « tube » porno le plus connu affiche aujourd’hui fièrement des publicités pour « un Noël chaud » sur les façades des buildings aux USA, et la série tv « Sense8″ est sur le point d’être produite par un des plus gros sites porno du web (dont certains contenus seraient insoutenables pour qui est resté au « porno du samedi soir » sur Canal+…)

Mais les producteurs ont tout intérêt à entretenir l’opacité et à générer le plus possible d’addictions, en proposant un contenu toujours plus large et sans cesse renouvelé, proposant un plaisir instantané et illimité. L’industrie pornographique laisse suggérer de plus en plus que le sexe avec des personnes mineures c’est pas si grave (ses derniers « territoires » à conquérir étant la pédopornographie et le viol, qui sont encore aujourd’hui, fort heureusement, parfaitement illégaux).

5 – Un Isolement Social et/ou un Sentiment de Solitude

Cette vision est plus personnelle, mais me tien à coeur. Il me semble qu’en raison de multiples facteurs (crise économique associée à une augmentation de l’insécurité, des inquiétudes), la tendance à l’isolement et au sentiment de solitude (ce qui est différent, car on peut être très entouré et se sentir très seul néanmoins) a augmenté. Ceci ne favorise pas l’équilibre psychique, et jamais notre société n’a proposé autant de « plaisirs patch » pour éviter d’avoir à regarder en face une certaine souffrance, une certaine incomplétude. « L’hédonisme » favorise la prise de refuge (illusoire et destructrice) dans les plaisir immédiats, qui ne font qu’augmenter l’aversion à la vie lorsqu’ils deviennent compulsifs. Apprendre à développer des relations sincères, en apprenant à faire tomber au maximum ce bouclier épuisant qu’est « l’égo défensif » (apprendre à sortir de la comparaison sociale, de la dictature du « je vais bien ») et en osant partager ses vulnérabilités et peurs à des personnes de confiance, est une chose extrêmement nourrissante et libératrice. Lorsque j’accompagne les personnes dépendantes, j’explore toujours avec la personne l’aspect relationnel. Apprendre à bien s’entourer est une chose importante, et cela fait partie intégrante de la guérison.

Cela étant dit, rien ne peut justifier de ne pas se prendre en mains. Aujourd’hui, grâce à ce site ou aux autres de plus en plus nombreux, vous savez désormais que l’addiction à la pornographie est une réalité, et qu’il est de votre responsabilité de tout faire pour stopper. 

Le Grand Changement, c’est Maintenant

Grâce au travail commun des anciens dépendants et des chercheurs, nous voyons apparaître de plus en plus de structures (forums en ligne, services spécialisés publics et privés) et de spécialistes formés et opérationnels pour fournir une aide appropriée.

D’ailleurs, les choses se sont nettement améliorées ces dernières années.

Le niveau de conscience général s’améliore, les témoignages d’anciens dépendants s’accumulent, et de plus en plus de services d’addictologie proposent des prises en charge sur le sujet spécifique de la pornodépendance et addiction au cybersexe.

Un nombre croissant de spécialistes de la santé (psychiatres, psychologues, psychothérapeutes, médecins addictologues) se forment sur l’addiction  à la pornographie.

Cette ouverture d’esprit est apparue à la suite :

- d’un nombre croissant de demandes d’accompagnement de la part de personnes qui rapportent vivre une certaine perte de contrôle sur leur consommation (elles y passent de plus en plus de temps sans réussir à freiner), dont découle une souffrance,

- l’apparition soudaine d’un grand nombre d’études scientifiques sérieuses, qui aujourd’hui parviennent aux mêmes constats : la pornographie, surtout accessible n’importe quand sur internet, est un matériau dangereux.

La dépendance à la pornographie est en corrélation avec une atrophie du cortex pré-frontal (hypofrontalité). Ainsi, le porno installe progressivement un brouillard de plus en plus dense dans le cerveau du consommateur, qui ne s’aperçoit même pas que sa vie bascule de plus en plus (vous trouverez des centaines de témoignages similaires sur les différents forums francophones). 

C’est d’ailleurs surtout après une période de sobriété, d’abstinence que le dépendant réalise à quel point le porno impacte sa vie. 

Attention :

la suite de l’article peut occasionner une prise de conscience désagréable.

Si vous choisissez de poursuivre la lecture, vous acceptez d’ouvrir les yeux sur une potentielle addiction vous concernant vous ou une personne de votre entourage. 

Plus bas sur cette page, vous aurez la possibilité de déterminer si un proche, votre partenaire ou vous-mêmes êtes dépendant(e) ou non, via :

- une description des effets de la dépendance, de ce que l’on vit quand nous avons un souci avec la pornographie, afin de vous permettre de prendre conscience d’une éventuelle addiction,

- des TESTS pour vous aider à « affiner » votre vision de la situation

Si vous êtes déjà anxieux à la lecture de ces lignes, assurez-vous d’avoir une personne à qui vous pouvez parler après avoir lu ces lignes.

Des exercices de relaxation TRES EFFICACES anti-anxiété sont disponibles sur la page suivante.

Lisez doucement. Inutile de vous angoisser.

QUOIQU’IL ARRIVE : PAS DE PANIQUE.

VOUS N’ÊTES PAS SEUL(E) QUOIQU’IL ARRIVE.

Dans la rubrique « QUOI FAIRE ? » à la fin de cette page, vous serez redirigé vers une liste (non exhaustive) de structures de spécialistes, et d’adresses de forums où vous pourrez venir parler et partager. Vous  n’êtes pas seul(e).

SORTIR DE L’IGNORANCE : LE REVEIL MASSIF DE LA SCIENCE !

 

1 – C’est Officiel, la consommation régulière de pornographie est dangereuse

 

Il a suffit d’une ou deux études neurologiques (je pense notamment à celle menée par l’Institut Max Planck de Berlin) menées sur les cerveaux des consommateurs, et boom !

Depuis 2013, la Science tire la sonnette d’alarme face aux résultats obtenus (qui ne surprennent que celles et ceux qui n’ont pas vécu l’enfer de l’addiction…) :

aujourd’hui, 34 études scientifiques (observation du cerveau par IRM, IRMF, EEG…) parviennent toutes aux mêmes constats :

tout comme les drogues dites « non  naturelles » (alcool, cocaïne, opium…), une dépendance à la pornographie est en lien direct avec une dérégulation du Centre de Récompenses du cerveau, créant ainsi :

- une « désensibilisation » (typique de la toxicomanie), et

- une « tolérance » (là encore, symptôme normalement associés à la prise de stupéfiants, et caractéristique de la toxicomanie).

Ces phénomènes chimiques poussent la personne dépendante dans une recherche constante de nouveauté, à rechercher sans cesse du contenu différent, voir « hardcore » ou avilissant pour éprouver la même jouissance.

A l’instar des drogues dites « substances » (alcool, héroïne, cocaïne…), l’addiction au porno est une escalade.

 

Autres lectures recommandées pour mieux comprendre comment l’addiction s’installe : 

- Vidéo (traduction textes en français) : « La Grande Etude sur le porno »

- Article : « Porno, Nouveauté et Effet Coolidge »

Aller plus loin dans les effets sur le cerveau :

« Des Etudes Révèlent des Liens entre la Consommation de Porno et de Sévères Troubles Cognitifs et Emotionnels »

2 – Le Porno Impacte la façon de percevoir le Sexe Opposé et la Sexualité.

 

Il est dangereux de penser que la pornographie n’a pas d’impact sur la façon dont le consommateur perçoit le sexe opposé. Ceci est surtout vrai pour les hommes (puisque le porno est surtout un produit fait par et pour des hommes).

Les images pornographiques ont un énorme pouvoir sur le cerveau humain, et s’implantent en profondeur chez le consommateur, remodelant sa fantasmagorie, et lui inculquant une vision du sexe qui devient associé à une forme de violence physique, ou il devient normal dans l’esprit de la personne de regarder des vidéo ou photos de femmes se faisant maltraiter, pénétrées brutalement, malmenées pour le seul plaisir de l’Homme.

Les hommes dépendants deviennent en général plus exigeantes envers leurs partenaire(s), cherchant souvent à reproduire ce qui les excitent dans la pornographie pour pouvoir éprouver du plaisir.

La remise en question de la part de la conjointe est non seulement inappropriée, mais destructrice pour elle-même.

Elle ne sera JAMAIS à la « hauteur » de l’excitation neurochimique, du shoot de Dopamine que procure la pornographie.

Aucune femme au monde, même Jennifer Lopez ou peu importe quel canon de beauté ne pourrait changer quoique ce soit.

Même en  acceptant tous les caprices de votre conjoint au lit, vous ne changeriez ABSOLUMENT RIEN à la situation.

Vous ne ferez que vous sentir plus frustrée, en ayant eu la désagréable sensation de vous être forcée à faire des choses dont vous n’aviez pas forcément envie, sans que votre partenaire ne change quoique ce soit à son habitude.

Mesdames, vous n’avez aucunement à culpabiliser. Le problème ne vient pas de vous.

Inutile aussi de vous montrer agressive ou de vous fermer à votre partenaire, même s’il est parfaitement compréhensible que vous vous sentiez choquée et rabaissée.

Acceptez que le problème soit plus complexe, que votre partenaire souffre LUI AUSSI, et que la seule solution est de commencer à traiter le problème comme on traite une véritable addiction.

Ne prenez pas la chose trop personnellement.

Il est certes de la seule responsabilité de votre conjoint de faire son maximum pour guérir, mais ne sous-estimez pas non plus l’ampleur du problème et de la souffrance ressentie aussi par votre partenaire.

 

Ci-dessous, vous trouverez des conseils de personnes ayant plus d’expérience que moi dans le conseil et l’accompagnement de conjointes/conjoints de dépendants.

 

POUR LES CONJOINT(E)S DE PERSONNE DEPENDANTE, LISEZ CECI :

 

« Quand arrêteras-tu de regarder des films pornographiques« (par Stéphanie LADEL – Tavailleur Social Addictologue, Consultante Sociale Diplômée d’Etat et Intervenante à l’Institut Régional et Européen des Métiers de l’Intervention Sociale, et créatrice de CABINET SOCIAL) 

« COMPAGNES DE DEPENDANTS : AIDER ET ETRE AIDEES » (par AFREG, Administrateur du site PORNODEPENDANCE.COM)

Qui que vous soyez, restez vigilant(e) dans votre façon de communiquer avec une personne dépendante.

Vous risqueriez d’entrer en conflit et de voir  la personne s’éloigner, de faire du mal ou de vous faire du mal inutilement.

Lisez ceci :

« Aider une Personne à Sortir de la Drogue » (par Stéphanie LADEL – Tavailleur Social Addictologue, Consultante Sociale Diplômée d’Etat et Intervenante à l’Institut Régional et Européen des Métiers de l’Intervention Sociale, et créatrice de CABINET SOCIAL) ]

VOUS PENSEZ CONNAÎTRE UNE PERSONNE DEPENDANTE ? LISEZ CECI :

 

« Détecter la Dépendance d’un Proche » - par AFREG, administrateur du site PORNODEPENDANCE.COM

 

 

SORTIR DE L’IGNORANCE : LA DEPENDANCE EST UN PROCESSUS INSIDIEUX

 

Soyons clair : on ne se réveille pas un matin accro…

L’addiction est un processus progressif.

Au fil du temps, le porno prend de plus en plus de place dans la vie et dans l’esprit du dépendant (hommes et femmes sont concernés), et la personne perd le contrôle sur sa consommation (elle y passe de plus en plus de temps).

Le danger réside principalement dans le fait que l’individu met en général du temps à prendre conscience de sa dépendance.

En raison :

- du « déficit de prévention » si l’on compare aux autres drogues (alcool, tabac, cocaïne…). Pourtant, la pornographie EST UNE DROGUE, et fort heureusement, la médiatisation du problème augmente en flèche ces dernières années,

- de l’idée reçue que tout le monde en regarde. Ce qui n’est pas vrai du tout,

- des symptômes (dysfonctions érectiles, problèmes d’éjaculation, anxiété généralisée/sociale, repli sur soi…) parfois perçus comme sans lien avec la consommation de pornographie. Pourtant, la dépression, la  procrastination, l’irritabilité, l’hypersexualisation (fantasmes, imaginer les personnes que l’on croise ou fréquente dans des scènes porno), l’anxiété sociale, sont souvent causés ou fortement amplifiés PAR la pornographie,

- du « déni », dans lequel reste un grand nombre de dépendant(e)s, qui refusent de regarder leur problème en face.

 

[N.B.: je vous invite à ne pas faire l'erreur de croire que parce-que votre consommation est aujourd'hui occasionnelle, vous n'êtes pas à risque de développer une addiction. On passe très rapidement de 1 fois/mois à 1 fois/semaine. De plus, ne perdez pas de vue que les vidéo et images influence votre perception de la sexualité et des rapports Homme/Femme.]

 

LE DENI

 

La personne dépendante à la pornographie encore en phase de déni a tendance à croire que « tout le monde regarde de la pornographie », que « la pornographie c’est normal », qu’il n’a « aucune raison de modifier son habitude, de changer ». L’individu dans le déni affirme en général qu’il peut « arrêter quand il veut », qu’il n’a pas de problème avec sa consommation, et d’une manière générale, cherche à se déresponsabiliser.

Vous soupçonner une personne de votre entourage d’être actuellement dans un déni d’addiction ?

Le déni peut être perçu comme agaçant.

Si vous êtes un(e) proche ou le/la conjoint/conjointe de personne, et qu’il vous prend l’envie de la « secouer », je vous recommande vivement de ne PAS LE FAIRE.

Vous risqueriez un conflit et de voir la personne se fermer encore plus.

Cela serait totalement contre-productif. Il y a vraiment une façon de faire et de communiquer.

Là encore, lisez l’article : « Aidez une Personne à Sortir de la Drogue » (par Stéphanie LADEL – Tavailleur Social Addictologue, Consultante Sociale Diplômée d’Etat et Intervenante à l’Institut Régional et Européen des Métiers de l’Intervention Sociale, et créatrice de CABINET SOCIAL)

RAPPEL : Si vous êtes la conjointe/le conjoint d’un dépendant, je vous recommande également fortement la lecture des articles :

-  « Quand arrêteras-tu de regarder des films pornographiques«  (par Stéphanie LADEL – Tavailleur Social Addictologue, Consultante Sociale Diplômée d’Etat et Intervenante à l’Institut Régional et Européen des Métiers de l’Intervention Sociale, et créatrice de CABINET SOCIAL) et

-  « COMPAGNES DE DEPENDANTS : AIDER ET ETRE AIDEES » (par AFREG – Administrateur du site PORNODEPENDANCE.COM)

 

LA PRISE DE CONSCIENCE

 

 En général, la personne prend conscience de son problème lorsqu’elle réalise qu’elle n’arrive pas à réduire et encore moins à stopper sa consommation. D’autres hommes s’intéressent au sujet de la dépendance à la pornographie parce-qu’ils souffrent de Dysfonction Erectile non expliquées médicalement, de problèmes d’éjaculation,

L’individu peut aussi être alerté car elle est excitée par un contenu qui les rebute.

La personne dépendante peut aussi réaliser son problème lorsqu’elle parvient à mettre en rapport sa consommation régulière et une certaine lassitude ressentie face à cette dernière après avoir consommé.

Un sentiment de honte ou de culpabilité peut aussi alerter la personne, tout comme la prise de conscience d’un certain repli sur soi (de moins en moins d’amis et de loisirs), et cette sensation que le porno devient de plus en plus le centre de sa vie.

La personne reconnaît finalement qu’elle a un problème avec la pornographie.

Le début du changement et de la guérison commence ici.

Prendre conscience et surtout ACCEPTER LA SITUATION pour mieux changer.

 

« Je ne suis pas sûr d’avoir un problème d’addiction… »

 

J’ai préparé ici une liste (non exhaustive) des différents effets négatifs souvent en lien avec une dépendance à la pornographie. Attention, ce n’est pas parce-que que vous ne souffrez que d’un nombre limité de ces symptômes que vous n’êtes pas dépendant(e) ou en train de le devenir.

[Si vous êtes une femme et pensez à avoir peut-être un problème avec le porno, je vous recommande la lecture de l’article : « LA DEPENDANCE DES FEMMES A LA PORNOGRAPHIE«  (par AFREG – Administrateur du site PORNODEPENDANCE.COM)]

Les symptômes suivants sont ceux que j’ai pu observés chez de nombreuses personnes en sevrage au cours de ces dernières années, ou dont j’ai moi-même souffert.

Et rassurez-vous, aujourd’hui, ma vie est toute neuve, je suis un homme neuf, et tout va bien !

Et je ne suis pas une exception loin de là !

TOUT LE MONDE PEUT S’EN SORTIR.

 

Récapitulatif des symptômes (liste non exhaustive) :

 

- La pornographie devient de plus en plus importante pour le dépendant. Ce plaisir prend de plus en plus de place dans sa vie.

- La personne y consacre de plus en plus de temps, visionne de plus en plus fréquemment, et a du mal à s’en empêcher (si toutefois elle a déjà essayé de s’en empêcher).

- Avec le temps, la personne se désintéresse de ses loisirs, des relations réelles, et d’une manière générale, le monde devient plus froid. Les petits plaisirs de la vie semblent disparaître, car rien ne peut stimuler autant la Dopamine que le porno.

- Lorsqu’il sort, le dépendant a souvent des fantasmes pornographiques qui lui reviennent en tête, avec des « flash back » des vidéo pornographiques qu’il a consultées et qui ont marqué son esprit (les images s’implantent profondément dans le cerveau).

- Le dépendant vit une sorte de quotidien hyper-érotisé, où il a tendance à imaginer les personnes qu’il trouvent attrayantes dans son environnement (transports en commun, collègues, relations amicales…) dans des scènes pornographiques. Cela peut induire de la honte ou de la culpabilité chez le dépendant.

- La fantasmagorie de la personne dépendante est parfois totalement déformée/formatée par le porno, et ses « pensées pornographiques », ainsi que ses « flash back » sont en fait un moyen pour son cerveau de s’assurer qu’elle reste bien dans sa dépendance, en entretenant une frustration perpétuelle, un désir insatiable,

- La boucle est ainsi bouclée : l’individu consomme de la pornographie la veille, ne peut s’empêcher de fantasmer le lendemain, en étant excité voir fébrile face à la vue de personnes qui l’entourent durant la journée, et… rentre chez lui en se précipitant pour soulager les tensions.

- L’addiction à la pornographie peut être une véritable torture, car non seulement la personne est coincée dans ce cercle vicieux, mais en plus, elle ressent une grande frustration de ne pas pouvoir assouvir ces insatiables pulsions sexuelles.

- Elle consomme pour se soulager, mais plus elle consomme, et plus la frustration et l’envie de consommer augmentent ! C’est un véritable cercle vicieux.

- La personne dépendante, si elle regarde honnêtement et attentivement sa vie, peut s’apercevoir que la pornographie est devenue centrale dans son existence, qu’elle occupe de plus en plus de place.

- La pornographie, et surtout distribuée comme aujourd’hui de façon gratuite, illimitée via internet haut débit, accessible depuis chez soi, induit une désensibilisation chez le consommateur, qui développe une « tolérance » au produit. Ainsi, à l’instar des toxicomanes, le consommateur se retrouve pris dans une consommation « à escalade » (elle y passe de plus en plus de temps), nécessaire pour pouvoir ressentir le même plaisir.

Pour pouvoir retrouver cet espèce d’état d’hypnose provoqué par les pics incessants de dopamine (hormone du plaisir) lors de la consommation, la personne se retrouve à rechercher du contenu toujours nouveau (c’est d’ailleurs principalement par ce biais que s’installe la dépendance).

[Les sites pornographiques savent parfaitement qu'offrir un maximum de contenu renouvelé sans cesse permet de maintenir le consommateur accro.]

[Si vous êtes consommatrice ou consommateur, vous remarquerez que vous êtes en fait dans un "zapping" permanent, et dans une recherche constante de nouveauté.]

 - Il arrive que le dépendant ait tendance à ne pas comprendre comment il peut être excité par certains contenus qui la dégoûtent.

- Une forme de honte et de culpabilité se manifestent de plus en plus chez l’individu, et la vie sociale est plus ou moins affectée.

- La pornographie est présente dans de nombreux aspects de sa vie, appliquant une espèce de filtre entre le monde réel et la perception qu’il a de ce dernier.

- Moindre capacité à interagir avec le sexe opposé sans érotiser la personne (surtout chez les hommes), et sans ajouter une dimension romantique (surtout chez les femmes).

- Au moment de se masturber, la personne dépendante est en général fébrile, et frénétique (un genre de « quand faut y aller faut y aller »). Le mouvement masturbatoire est en général rapide, frénétique.

- A un certain stade de dépendance, il n’est pas rare de voir des individus masculins retarder l’éjaculation pendant leur « séance de visionnage », afin de prolonger le plaisir.

- Chez les hommes hétéro, il est fréquent qu’ils prennent conscience d’une réelle difficulté à ne pas regarder les femmes avec insistance. Cela peut tout à fait créer de l’embarras, voir de la souffrance sous forme de culpabilité.

- D’une manière générale, cette escalade dans le prolongement de la durée des séances de consommation est parallèle avec un phénomène d’escalade généralisé qui implique:

- une augmentation de la fréquence de consommation,

- une recherche constante de nouveauté,

- la consultation de contenu de plus en plus « hardcore », choquant ou avilissant.

[C’est aussi pour stopper l’escalade généralisée qu’entraîne l’addiction au porno qu’il est FONDAMENTAL de se prendre en main et de démarrer un SEVRAGE. Vous êtes dépendant ? Vous avez noté une escalade dans votre consommation ? Il est de votre devoir d’intervenir et de vous prendre en main. A nouveau, je vous recommande de consulter la rubrique : « Trouver de l’Aide »]

- Il est à noter que plus la personne escalade, et plus le nombre et l’intensité des effets secondaires augmentent, à l’instar de n’importe quelle drogue.

- La procrastination et de réelles difficultés à s’investir dans des projets constructifs sont très fréquemment notés.

- Une tendance accrue à se diriger vers des plaisirs immédiats et à y céder.

- Une plus faible tolérance à la frustration, avec un quotidien de plus en plus orienté vers la compulsivité pour endormir les contrariétés, ce qui augmente paradoxalement la souffrance (plus je prend l’habitude d’endormir la souffrance et plus elle revient brutalement), et…

- … accroît la fragilité face aux autres substances addictives ou comportements compulsifs [jeux vidéo, jeux d'argent, alcool, tabac....]

[Attention  : les symptômes suivants ne sont pas forcément uniquement la conséquence de l'addiction, mais peuvent être à la fois des causes et des conséquences, qui couplées à la dépendance, s'auto-entretiennent. Par exemple, je peux me REFUGIER dans la pornographie parce-que j'ai des soucis d'anxiété sociale, de dépression, de phobie scolaire ou sociale, et à cause de l'addiction, voir ces phénomènes s'amplifier.]

- Beaucoup de dépendants sont devenus avec le temps des personnes très anxieuses, angoissées, et qui manifestent parfois une anxiété sociale forte.

- L’estime de soi est en générale très affaiblie (là encore, un manque d’estime peut aussi être facteur d’addiction).

- La phobie sociale s’installe parfois en corrélation avec la pornodépendance.

- Forcément, en conséquence de tout cela, le dépendant est souvent sujet à la dépression.

[Aujourd'hui, une partie de la médecine commence à comprendre que l'anxiété généralisée, l'anxiété sociale, la phobie sociale, les sentiments de culpabilité et de honte chroniques, le repli sur soi, la procrastination, la dépression peuvent tout à fait être des conséquences et pas seulement des causes de l'addiction.]

« Existe-t-il des tests ? »

 

OUI.

Je vous recommande les TESTS suivants :

- TEST d’ORROZ (administrateur du site ORROZ.NET) : http://www.orroz.net/test.html

- TEST d’AFREG (administrateur du site PORNODEPENDANCE.COM) : http://www.pornodependance.com/Questionnaires.htm

Vous êtes en couple avec une personne que vous soupçonnez être dépendante ?

Un AUTRE TEST existe ici, réalisé par AFREG.

 

« QUOI FAIRE ? »

 

LA PORNOGRAPHIE EST UN PIEGE, ET IL EST CLAIR QUE VOUS ÊTES AUSSI UNE VICTIME :

- du laxisme du gouvernement,

- d’un manque d’information,

(- si vous avez basculé à l’adolescence, probablement d’un manque de sérieux de la part de vos parents, dans leur devoir de s’informer sur les risques d’Internet et de leur rôle de protecteur vis-à-vis de vous-mêmes).

Mais aujourd’hui, personne d’autre que vous ne peut prendre la décision de guérir à part vous.

 

 RENDEZ-VOUS SUR LA PAGE : « TROUVER DE L’AIDE »

 

 

 

 

 

 

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