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FAUT-IL DÉCRIMINALISER LA PROSTITUTION ? – par Harmony Grillo

- Consommer de la pornographie revient à cautionner, alimenter l’esclavage sexuel d’êtres humains.

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- Pour se sortir de la pornodépendance, lire quelques articles sur le sujet ne suffit pas, et mettre son porno à la poubelle non plus. Il vous faut un programme pour vous guérir vous-mêmes.

- Vous avez un doute sur votre dépendance ? LISEZ CECI

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Dans cet article, je vous propose la traduction de la conférence d’Harmonie (Dust) Grillo, intitulée « SHOULD PROSTITUTION BE DECRIMINALIZED?« , uploadée le 28/01/2020 sur Youtube.

Avant tout, je tiens à anticiper une éventuelle question que vous qui lisez les lignes vous posez-vous peut-être : « quel rapport avec la pornographie? » Si vous vous interrogez de la sorte, c’est que vous connaissez mal mon blog. Aucun problème. Voici la réponse : c’est la même chose. La pornographie EST de la prostitution. Tout acte sexuel commercial n’est pas nécessairement filmé, mais, toute acte sexuel commercial filmé est de la prostitution.

Vous me suivez ? Ok je continue.

Harmony, fondatrice de TREASURES, était pour moi une des premières personne qui décrivait publiquement, avec beaucoup de clarté, l’industrie du sexe commercial, dont elle révèle les mécaniques, et notamment, les liens intrinsèques entre prostitution, la traite à des fins d’exploitation sexuelle (sex trafficking), et la pornographie.

Et c’est exactement ce que je tente de faire sur mon blog. Ca et l’aide aux personnes pornodépendantes.

Son expérience à la fois en tant qu’ancienne victime de la prostitution et spécialiste de l’accompagnement des victimes depuis plus de 20 ans, jumelée à sa faculté à décoder de façon claire et structurée les rouages de ce qu’on appelle parfois l’Esclavage Moderne (Modern Day Slavery) font d’Harmony (Dust) Grillo une activiste dont les conférences et prises de paroles peuvent apporter beaucoup de connaissances et de vigilance sur les sujets de la pornographie, du proxénétisme, de l’exploitation et du monde de la prostitution en général.

Sur le site de TREASURES (www.iamatreasure.com), dans la rubrique « Our Work », il est écrit notamment : « 70% des femmes victimes de la traite le sont dans l’industrie du sexe commercial, y compris les formes légales de celle-ci, telles que la pornographie, le strip-tease et les bordels légaux. » Ceci illustre les connexions inhérents entre prostitution, pornographie (ce qui est la même chose) et sex trafficking.

Note : Lors de mon travail de traduction, à deux reprises, j’ai pris la liberté de mettre des astérisques – développés en bas de page – afin d’aider à comprendre certains concepts qui peuvent nous sembler vastes ou flous. Par ailleurs, j’ai également utilisé les crochets [  ] pour apporter des clarifications, traductions et équivalences en français de concepts évoqués en anglais par Harmony.

Enfin, avant de passer à la traduction, et ce afin d’éviter les confusions, je tiens à fournir une brève définition de la notion de trafficking, et plus précisément de human trafficking, qui correspond donc en français au concept de « Traite ».

Selon le UNODC, gardiens de la United Nations Convention against Transnational Organized Crime (UNTOC) et le  Protocol to Prevent, Suppress and Punish Trafficking in Persons  :

« Sur la base de la définition donnée dans le « Trafficking in Persons Protocol », il est évident que la traite des personnes comporte trois éléments constitutifs;

L’Acte (ce qui est fait)

Recrutement, transport, transfert, hébergement ou accueil de personnes

Les moyens (comment c’est fait)

Menace ou usage de la force, coercition, enlèvement, fraude, tromperie, abus de pouvoir ou de vulnérabilité, ou octroi de paiements ou d’avantages à une personne qui contrôle la victime

Le but (pourquoi c’est fait)

A des fins d’exploitation, ce qui comprend l’exploitation de la prostitution d’autrui, l’exploitation sexuelle, le travail forcé, l’esclavage ou des pratiques similaires et le prélèvement d’organes.

Pour déterminer si une circonstance particulière constitue la traite (trafficking) des personnes, examinez la définition de la traite dans le Protocole relatif à la traite des personnes ( Trafficking in Persons Protocol) et les éléments constitutifs de l’infraction, tels que définis par la législation nationale pertinente. »

EN GROS : je vais tenter de compacter et de clarifier : la Traite ou « Trafficking » est le déploiement, la mise en application d’un ou plusieurs moyens, procédés visant à exploiter une ou des personnes. La Traite à des fins sexuelles ou « sex trafficking » est donc la mise en oeuvre d’un ou plusieurs moyens, procédés dans le but d’exploiter une ou plusieurs personnes sexuellement, et notamment, l’exploitation de la prostitution d’autrui.

Je vous invite également à consulter mes autres articles, sur le même thème :

« (Awareness) Qu’est-ce que le Sex Trafficking ? »

« (Awareness) « Sex Trafficking ? Quel rapport avec le Porno ? » »

Voici maintenant la traduction :

 

 [une femme parle d'Harmonie en introduction. J'ignore le nom de cette personne, je suis en train de me renseigner pour créditer cette dernière] :« Une de mes personnes préférée au monde est Harmony (Dust) Grillo. Fille, je t’Aime, et je veux que le monde entier le sache. Harmony est une personne qui dispose de 20 ans d’expérience en tant qu’activatrice et activiste dans ce combat. Elle travaille sans relâche, elle est diplômée de l’UCLA, elle a un Master en Travail Social. Elle fait vraiment le travail, et elle a un message incroyable à nous transmettre maintenant. Beaucoup d’entre vous ont acheté la seconde édition de son livre « Scars and Stilettos », qui se trouve juste à l’extérieur, s’il-vous-plaît, il y aura une longue file d’attente. Elle est armée d’une expérience personnelle, d’une maîtrise en Travail Social et des théories basées sur des faits qui font chanter mon coeur, en tant que Professeure.

Elle apporte la lumière sur l’impact d’une culture « porn-isée », et la vie des femmes piégées qui y sont piégées. Elle a reçu une reconnaissance congressionnelle, elle a entraîné les services de police de Los Angeles (Los Angeles Police Department), de Las Vegas (Las Vegas Police Department) ainsi que le FBI, et Dave, tu as toi-même assister à un des ses cours.

Elle est passée de victime à survivante et à libératrice. Elle est maman, épouse, et une femme de Dieu. »

 

Harmony (Dust) Grillo :

« Bonjour !

Avant tout je voudrais remercier et honorer Brian et Kelly Bell pour toutes ces années passées à faire cela, j’apprécie énormément que vous donniez votre temps – je sais que ce n’est pas commode.

J’ai l’opportunité d’enseigner sur toute la planète, et je parle aux gens de ce que vous faites ici, car je crois en cela et je pense que c’est absolument merveilleux. Je suis honorée d’en faire partie. J’étais là chaque année à l’exception de celle où j’ai eu mon fils Lucas qui est né le jour-même du National Human Trafficking Awareness Day. Je pense que j’ai fait ma part cette année (rires et applaudissements).

Il y a un mouvement grandissant aux Etats-Unis souhaitant décriminaliser complètement la prostitution. De nombreux états le prévoient dans leur agenda, et il y a de fortes probabilités pour que cela arrive en Californie aussi. Il est donc très important – et je suis donc très reconnaissant envers la plateforme ici – pour nous de comprendre ce que cela impliquerait, et de décoder cette notion de décriminalisation.

Nous allons donc voir cela.

Tout ça a une dimension personnelle pour moi. Comme je l’ai mentionné, je suis une survivante de l’exploitation. Je suis la fille d’une victime du trafficking (détournement), donc dans mon cas c’est générationnel. J’ai passé 20 ans à travaillé auprès de victimes de trafficking et d’exploitation et des femmes dans l’industrie du sexe.

Les trois premières années via une agence de service social, puis, il y a 17 ans, j’ai fondé Treasures.

Notre mission est de fournir des services pour aider les femmes à mener une vie saine et épanouie, et des voies vers la libération de l’industrie du sexe commercial, de l’exploitation et du trafficking [de la Traite donc].

Plusieurs d’entre vous ont entendu mon histoire, mais je n’ai pas le temps d’en parler aujourd’hui. Si ça vous intéresse, mon mémoire « Scars and Stilettos » est à vendre pour 10 dollars à l’occasion du National Human Trafficking Awareness Month, car nous voulons le rendre accessible, disponible et abordable pour vous. Le stock s’est quasiment complètement épuisé dès le premier service. Si vous êtes intéressé, ils sont sur les tables là-bas vous pouvez aller chercher un exemplaire.

Voici la grande question : la prostitution devrait-elle être totalement décriminalisée ?

Cette idée est soutenue par la World Health Organisation et un certain nombre d’organisations. Mais une grande part de ce mouvement qui souhaiterait décriminaliser a été démarré par des groupes de défense des droits des travailleurs du sexe. Je dois aussi mentionné qu’ils sont bien préparés, bien financés, et qu’ils planifient cela depuis longtemps. J’y reviendrais…

Quoiqu’il en soit, le problème est que ces groupes, qui sont pour la totale décriminalisation, ne représentent pas la majorité des femmes dans la prostitution. Elles ne représentent pas la majorité, les 89% des femmes dans la prostitution qui disent qu’elles veulent en sortir, mais qui ne voient pas d’autres moyens de survivre.

D’une manière générale, la marginalisée, l’oppressée, la vulnérable, l’exploitée, la détournée/ »traitée » [le terme originalement employé étant "trafficked"] n’a pas tendance à parler aussi fort ou aussi souvent, et leur voix ne sont pas entendues dans ce débat. Pourtant il est nécessaire qu’elles le soient.

Je constate également qu’il y a beaucoup de personnes qui sont venues à la prostitution par simple survie. J’ai personnellement connu des femmes qui ont commencé à vendre leur corps pour pouvoir financer une chimiothérapie, car elles n’avaient pas d’assurance, ou pour acheter des médicaments indispensables pour leurs enfants. Je ne juge pas cela.

Mais mon rêve et mon désir sont de voir un changement systémique au point où la prostitution, vendre son corps ne sera plus la seule route vers la survie. Il existe d’autres possibilités.

Un des arguments majeurs en faveur de la totale décriminalisation est que la prostitution, « c’est juste un boulot ».

Ce serait juste un boulot comme un autre, et qui sommes-nous pour décider que des adultes consentants ne peuvent pas choisir de se livrer à la prostitution. Vous savez…. comme un moyen de subsistance.

Les taux de mortalités, à eux seuls, brisent le mythe selon lequel la prostitution ne serait qu’un boulot…

Le taux de mortalité des femmes dans la prostitution est de 240 fois supérieur à n’importe quelle autre profession.  Ce n’est pas juste un boulot.

En plus de ça, la violence est la norme. 83% des femmes dans la prostitution témoignent avoir été menacées avec une arme. 82% rapportent avoir été agressées physiquement, battues, coupées avec des lames de rasoirs, brûlées, étouffées…

C’est fréquent dans la prostitution.

80% rapportent être violées. En fait, il est dit que les femmes dans la prostitution est la « catégorie » de femmes la plus violée dans l’Histoire de notre planète. 80% ont été violées au moins 1 fois, et 73% l’ont été au moins 5 fois.

Si nous constations de tels niveaux d’agressions et de violences sur n’importe quel autre lieu de travail, ce genre de harcèlement sexuel ferait l’objet d’actions en justice.

Pour les femmes dans la prostitution, c’est une exigence du boulot.

Et le truc c’est qu’il a été prouvé que la légalisation et la décriminalisation n’apportent rien concernant la protection de ces personnes dans la prostitution face à ces niveaux de violence.

Je peux aussi vous parler de ma propre expérience dans l’industrie du sexe commercial.

Dans les clubs de strip tease (qui est donc une sphère légale de cette industrie du sexe), sous le contrôle des « pimps », j’ai été agressée sexuellement à de nombreuses reprises, jusqu’à ce qu’un jour je finisse par enfin me défendre. J’avais pris l’habitude de retirer mon talon aiguille et de frapper mon agresseur dans la tête avec. A plusieurs reprises, la police a été contactée pour venir au club. Et quand je me tenais là et leur expliquais que j’ai fait ça par auto-défense, car je me faisais agressée sexuellement, les officiers de police m’ont regardé comme si j’étais folle, car je me tenais là à moitié nue au milieu du club. Ils me regardaient l’air de dire : « C’est ton boulot pourquoi tu te plains ? «  « Le harcèlement sexuel, l’agression sexuel est ton travail. »

Et en fait, ils m’ont dit que je devais présenter mes excuses à la personne qui venait juste de m’agresser, et que si je ne le faisais pas, je devrai payer des frais de mutuelle.

C’est donc un exemple du genre de violences qui se produisent dans des zones légales de l’industrie du sexe commercial.

Un autre paramètre indiquant que la prostitution n’est pas juste un boulot, ce sont les taux de PTSD [en français : SSPT, Syndrome de Stress Post-Traumatique] relevés chez les personnes dans la prostitution, qui sont équivalents à ceux des anciens combattants de la guerre. Nous ne verrions pas ce niveau de réponse traumatique, ce syndrome de stress post traumatique, si la prostitution n’était « qu’un boulot ».

Voici ce qu’une survivante a expliqué :

« Il y a des milliers de livres et de cours qui délivrent aux femmes des informations à propos de l’auto-défense et des stratégies pour éviter le viol. Certaines des leçons les plus basiques qu’ils nous transmettent et vous les connaissez: ne pas marcher toute seule la nuit dans une rue sombre et déserte, ne pas monter en voiture avec des hommes étranges, ne pas repartir avec n’importe quel gars rencontré dans un bar, et ne même pas laisser entrer un livreur chez vous lorsque vous êtes seule. Pourtant, c’est exactement ce qu’exige de travailler dans la prostitution. Les femmes doivent se mettre en péril à chaque « passe ».

La question est alors : « Comment faites-vous pour éviter le danger ? » La réponse est : « vous ne pouvez pas. »

La prostitution n’est pas « juste un travail », c’est un insondable système profiteur, violent, qui exploite les plus vulnérables de notre société.

Le second aspect est : prostitution et Traite sont inextricablement connectés.

70% des femmes victimes du trafficking [la Traite donc] sont trafficked ["traitées", exploitées donc] dans l’industrie du sexe commercial, ce qui inclue la prostitution et d’autres formes légales de la prostitution.

Si vous ne mémorisez aucune statistique, rappelez-vous de celle-ci :

elle est basée sur 18 sources différentes, incluant des recherches et des rapports gouvernementaux. Il est estimé que 84% des femmes dans la prostitution sont sous le contrôle d’une tierce partie [note : Harmony ajoute "pimped or trafficked", ce qui voudrait dire en français : "victimes de proxénète(s) ou de la Traite".].

84%… ce n’est pas une population de personnes adultes consentantes qui auraient une pléthore de possibilités de carrière, pouvant décider que vendre leur corps est un choix de carrière. 84% sont sous le contrôle d’une tierce partie…

Et lorsqu’on regarde le coeur même de cette étude relative aux femmes dans la prostitution, vous voyez, et ce de façon massive, que ces femmes sont appauvries de façon disproportionnée. Minorités ethniques, celles qui sont sous-instruites, et celles qui ont peu de compétences professionnelles commercialisables.

Voilà pourquoi certains décrivent cela comme « un choix fait par ceux qui n’ont pas le choix. »

Et je vous le demande à vous : qu’est-ce que le choix sans options ?

Qu’est-ce que le choix sans options… ? Vous êtes toujours avec moi ? Vous buvez à la lance à incendie aujourd’hui ? (rires). Vous avez votre café ? Bien.

Le dernier point est – et c’est très important – que la décriminalisation ne mène pas une réduction du trafficking. En fait, c’est le contraire.

La décriminalisation, la décriminalisation totale, a révélé à de maintes reprises qu’elle conduit à une augmentation du trafficking [de la Traite donc]. Nous le savons car quand nous regardons  les études menées dans 100, voir même 150 pays, là où la prostitution est légale et décriminalisée totalement, ces endroits on alors en moyenne des afflux de personnes victimes de la traite très largement supérieurs.

Le Nevada est un exemple incroyable de cela. Lorsque la prostitution a été légalisée dans certains endroits du Nevada, nous avons observé une énorme explosion du commerce sexuel illégal. En fait, le Nevada a le niveau le plus élevé de commerce sexuel illégal de toute notre nation. Pourquoi ? Parce-que la prostitution a été légalisée là-bas.

Pourquoi ? Parce-que nous savons que la normalisation conduit à une explosion de la demande. Car les personnes qui normalement n’achèteraient pas du sexe quand c’est illégal, commencent à le faire lorsque cela devient légal. Et la demande tient ses promesses… Elle demande un approvisionnement par n’importe quel moyen nécessaire. Et c’est là que les pimps [proxénètes] et les « trafiquants » [traffickers, ceux qui sont auteurs de la Traite donc] interviennent.

Ils voient la demande, et par n’importe quel moyen nécessaire, il s’assure qu’ils peuvent répondre au fait qu’il n’y ait pas assez de gens qui sont prêts à vendre leurs corps pour du sexe, et donc les pimps et traffickers utilisent kidnapping, force brutale, violence, droguer, violer, torturer, coercition psychologique, manipulation tromperie, TOUT… afin de créer l’approvisionnement nécessaire pour répondre à la demande qui a augmenté.

Alors que faire ?

Je vais aborder 4 modèle de réponse à la prostitution. 4 modèle juridiques.

Le premier est la criminilisation. C’est ce que nous avons actuellement : acheter du sexe, vendre du sexe, le pimping [proxénétisme donc], le pandering*… Tout ça est ILLEGAL dans notre modèle actuel. Si nous le conservons, je dois vous dire ceci : nous avons besoin faire un meilleur travail pour identifier les victimes et confronter les clients/acheteurs et trafiquants [traffickers] à la justice.

Comme l’a dit Dave plus tôt, vous avez plus de risques d’être frappé par la foudre que d’être poursuivi pour Traite. C’est fou ! Et nous constatons, sur la base d’études que, et ce de façon massive, les personnes arrêtées au sein de ce modèle juridique sont les personnes qui sont prostituées. C’est elles qui se font arrêter, alors que les clients/acheteurs et proxénètes sont ceux qui sont largement relâchés…

Nous devons également fournir un meilleur travail en ce qui concerne des programmes alternatifs de détermination de la peine, de la réhabilitation, des opportunités pour ceux piégés dans la prostitution de trouver des chemins vers la liberté permanente.

Le second modèle est la légalisation. C’est ce dont nous avons parlé. C’est dans ce modèle que la prostitution est légale comme dans certains endroits tels que le Quartier rouge à Amsterdam, le Nevada où on trouve à certains endroits des « brothels » légaux…

Une chose qui me frappe à propos de ce modèle est qu’ici, le gouvernement tire profit de l’exploitation des gens. Et ça ne me convient pas personnellement… Et à nouveau j’insiste, nous avons abordé la croissance incroyable que connait la traite que nous observons dans les endroits où c’est légal.

Le troisième modèle est proposé aujourd’hui dans la plupart des états des USA est une décriminalisation totale, ce qui voudrait donc dire : acheter du sexe, vendre du sexe, le pimping et le pandering seraient donc totalement décriminalisés et totalement non réglementé. Le pimping ne serait pas illégal !

S vous faites partie de ce mouvement vous le savez et si ce n’est pas le cas alors je vais vous dire : le proxénétisme  [pimping] est une forme de Traite, car les tactiques qu’ils utilisent pour recruter leurs victimes sont la force, la fraude et la coercition.

Et donc, même si la traite restait illégale dans ce modèle de décriminalisation, le problème est qu’il est souvent vraiment très difficile d’identifier une victime de la traite justement à cause du lavage de cerveau, de la coercition psychologique, à cause du fait que beaucoup, la plupart des victimes ne se reconnaissent pas elles-mêmes comme étant des victimes. En fait, beaucoup d’entre elles, à un tel niveau de coercition, se lèveront même en faveur de ceux qui les exploitent, et ce en raison des « trauma bonds »* [l'équivalent en français serait "lien affectif (développé par) traumatisme"], qui sont une réalité.

Et c’est pour toutes ces raisons que certaines personnes en arrivent à demander ce modèle de décriminalisation totale :  « la loi pro-pimp », car ultimement, c’est ce qui arrivera si les proxénètes ["pimps"] et les traffiquants ["traffickers"] sont dépénalisés.

Le quatrième modèle est celui de l’abolition, que vous connaissez peut-être sous le nom de modèle nordique. Dans ce dernier, vendre du sexe ne serait pas illégal. Cela peut faire réagir « quoi???« . En fait c’est sur la base de cette compréhension, qu’une personne ne devrait pas être pénalisée pour leur propre exploitation.

Dans ce modèle, acheter du sexe, le pimping, le pandering, tout ça resterait illégal. Des programmes qui soutiennent les victimes et fournissent des trajectoires vers la libération seraient établis et soutenus.

Ce modèle considère que les personnes ne devraient pas être pénalisées pour leur propre exploitation.

C’est essentiellement ce que nous commençons à répandre dans notre nation, avec des mineurs qui ont connu la prostitution, car nous savons ceci : la prostitution de mineurs n’existe pas n’est-ce pas ? Quiconque âgé de moins de 18 ans livré à un acte de sexe commercial est, d’après la définition fédérale, une victime de la traite [trafick].

Dans un passé encore récent, des mineurs ont été arrêtés un peu partout dans ce pays  pour motif de prostitution. Pourtant ça n’existe pas un mineur prostitué. Le mineur est forcément une victime de la traite.

Nous rattrapons enfin le retard et changeons beaucoup de lois dans beaucoup d’états – je crois plus de 30 – dans lesquels aujourd’hui on n’arrête plus des enfants pour de la prostitution…

Essentiellement, le modèle d’abolition reprendrait ce paradigme, et l’étendrait aux adultes, reconnaissant l’exploitation inhérente, la vulnérabilité, la connexion avec la traite qui se déroulent à l’intérieur du système de la prostitution, et offrant une trajectoire de sortie à ceux qui expérimentent ces choses.

Il y a une excellente nouvelle : il y a de l’espoir. Car Dieu est un Dieu de la Justice. Je me tiens debout ici aujourd’hui parce-que Dieu est un Dieu de la Justice.  Il est un guérisseur, Il est un rédempteur. Ce qu’Il a fait dans ma vie, Il veut le faire dans la vie de chaque personne à la surface de cette planète qui est oppressée et qui expérimente l’injustice. Et comment il s’y prend ? A travers vous et moi, tels des « conduits » [des vecteurs si vous préférez, ou des "relais"] de justice.

Je suis debout aujourd’hui ici grâce à une jeune femme de 22 ans étudiante. Elle n’était pas une experte en exploitation. Mais cette jeune étudiante de 22 ans m’a montré l’Amour de Dieu, l’Amour inconditionnel. Voilà pourquoi je suis là aujourd’hui. Ce fût le catalyseur du changement dans ma vie.  Vous pouvez utiliser ce qui est en votre pouvoir, et vous pouvez encourager et impacter les autres au sein de votre sphère d’influence et vous pouvez utiliser ce qui est en votre pouvoir pour faire quelque chose qui vous engage et vous implique.

Voici 4 choses que vous pouvez faire :

1 – J’ai réalisé que j’ai en quelque sorte déballé un gros morceau plutôt rapidement, citant beaucoup de données. Je voudrais que vous soyez équipés pour pouvoir avoir des conversations à ce sujet et pour comprendre tout ça. J’ai donc résumé mes propos sur une carte postale, disponible à notre table où se trouvent nos ressources, et je serais ravie de vous la remettre. Vous pouvez la survoler, avoir avec vous une sorte de guide, de référence. Mon powerpoint est aussi disponible si cela vous intéresse. Si vous signez pour recevoir notre newsletter nous irons de l’avant, nous vous enverrons mon Powerpoint si vous êtes intéressé. Pick up infographic at the Treasure table

2 – Vous pouvez choisir un organisme pour créer un partenariat. Pas forcément TREASURES. Si c’est le cas, génial ! Il y a 18 organismes représentés à l’extérieur, trouvez-en une qui fasse écho en vous, auprès de laquelle vous avez envie d’utiliser votre temps, votre talents et vos trésors pour vous impliquer plus avec.

3 – Choisissez un livre, ou un blog à lire pour améliorer vos connaissances sur le sujet. Si c’est « Scars and Stilettos », génial ! Sinon, prenez un autre livre. Et si vous ne pouvez pas acheter de bouquin, allez sur iamatreasure.com. Nous avons un blog, c’est gratuit. Continuez de vous former. Eduquez-vous sur ces sujets.

4 – Et la dernière chose : utilisez votre voix. Discutez à propos de ce service aujourd’hui. Parlez aux gens dans votre zone d’influence. Utilisez votre pouvoir de vote. Votre voix COMPTE. Nous avons besoin de vous. Si nous voulons un jour mettre fin à cette injustice, il va falloir que nous nous réunissions tous, et que nous fassions notre part.

Merci beaucoup.

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*D’après le site BlackLawOffices : « Pandering is when a person solicits a person to perform an act of prostitution for the person or for a third person. It can also be where the person knowingly assembles persons at a fixed place for the purpose of being solicited by others to perform an act of prostitution./Le pandering, c’est quand une personne sollicite une personne pour qu’elle accomplisse un acte de prostitution pour elle ou pour un tiers. Il peut également s’agir du cas où la personne rassemble sciemment des personnes en un lieu fixe dans le but d’être sollicitée par d’autres pour accomplir un acte de prostitution. »

D’après Greg Hill & Associates, sur la page « What Is Pimping and Pandering? Punishment? Defenses? » : « Pimping and pandering are often used interchangeably, even by prosecutors and judges.  However, the two terms constitute distinguishable offenses.  Pimping is more associated with receiving money, whereas pandering is more associated with convincing someone, persuading someone or directing someone to become or continue to be a prostitute. / Le pimping et le proxénétisme sont souvent utilisés de manière interchangeable, même par les procureurs et les juges. Cependant, les deux termes constituent des infractions distinctes. Le proxénétisme est plus associé au fait de recevoir de l’argent, tandis que le proxénétisme est plus associé au fait de convaincre quelqu’un, de persuader quelqu’un ou de diriger quelqu’un pour qu’il devienne ou continue d’être une prostituée.

Autre lecture possible : https://www.criminaldefenselawyer.com/resources/pimping-and-pandering-california.htm


* Le « trauma bond », qu’on pourrait aussi qualifier en français de lien affectif à l’autre par le traumatisme, est décrit par Sherry Gaba sur le site Psychology Today, dans l’article Trauma Bonding, Codependency, and Narcissistic Abuse, publié le 29/05/2019, comme un phénomène « semblable au syndrome de Stockholm, dans lequel les personnes retenues captives en viennent à éprouver des sentiments de confiance ou même d’affection pour ceux-là mêmes qui les ont capturées et retenues contre leur volonté. »

Ce syndrome est également survolé dans l’entretien entre Muriel Salmona (Présidente de l’Association « Mémoire traumatique et victimologie, psychiatre et psychothérapeute spécialisée dans l’accompagnement des victimes de violences, chercheuse et formatrice en psychotraumatologie) et Sporenda sur le site www.isabelle-alonzo.com, dans une interview du 12 mai 2014 Interview n°17: Muriel Salmona : VIOLENCES : METTRE LE MONDE A L’ENDROIT , par Sporenda.

Vous pouvez également lire, en anglais, l’article « Trauma Bonding » par Michael Samsel sur le site abuseandrelationships.org.

 

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