(DÉPENDANTS) Pourquoi Vous Devriez Eviter le « NoFap »/La Flatline : une étape obligatoire ?

31 mars 0 Commentaire Catégorie: Non classé

Beaucoup croient qu’il faut arrêter de se masturber (sans porno) lorsqu’ils décident d’arrêter de cliquer sur de la pornographie. Beaucoup pensent que la « Flatline » est une chose qu’il faut impérativement vivre, et qu’elle serait un signe de guérison. Tout ceci est faux.

Voyons pourquoi.

CHOISIR LE « NOFAP » REPOSE EN GENERAL SUR UNE FAUSSE CROYANCE

- Si vous n’avez pas encore lu l’article « le NoFap, (pas de masturbation) et l’effet cocotte minute : un marathon addictif » , je vous conseille de le faire.  Les choses seront plus claires quand vous l’aurez lu. Vous verrez que la majorité des gens choisissant de ne plus se masturber (NoFap) le font parce-qu’ils croient que c’est la masturbation qui les maintient dans la sensation de manque, et que pour déconditionner leur cerveau (afin qu’il se détache de la pornographie), ils doivent cesser cette pratique.

Hors, c’est faux. Ce sont les pensées compulsives qui rendent la masturbation compulsive, et ce sont donc elles qu’il faut traiter. 

Laissez-moi écrire ça plus clairement : la masturbation n’est pas un problème. Ce qui pose souci c’est les pensées que vous utilisez pendant. 

CHOISIR LE NOFAP ENTRAINE SOUVENT DANS LE CERCLE VICIEUX D’UNE AUTRE FORME D’ADDICTION.

- Dans l’article vous verrez également que le Nofap entraîne très souvent dans une forme d’addiction : celle de la « consommation par intermittence », liée phénomène de « cocotte minute », qui augmente le risque de rechute de façon plus ou moins exponentielle, à mesure que la personne réprime toute forme d’excitation, accumulant toujours plus de tensions sexuelles et de frustrations. 

En GROS : la personne se retient de se masturber encore et encore, et en fait, le sevrage devient de plus en plus dur (puisque la « pression » est de plus en plus forte), et elle craque. 

CONTRAIREMENT AU MYTHE, SE MASTURBER, SURTOUT PENDANT LE SEVRAGE, EST TRES IMPORTANT !

- Comme je le disais, dans l’approche « Nofap », la masturbation est perçue comme étant un facteur de rechute.  Pourtant, la masturbation en soi ne sera jamais un frein au sevrage (bien au contraire !). Elle est une activité naturelle, avec laquelle la personne dépendante a besoin de se (re)familiariser (la masturbation dans la gestion des pensées et sans porno étant une forme totalement différente de la masturbation avec pornographie), et qu’il suffit d’encadrer un minimum, en la pratiquant en pleine conscience. Pour cela, une technique très efficace a été développée : la masturbation contrôlée. Elle permet de sortir progressivement et tranquillement de la masturbation compulsive, en continuant à prendre du plaisir !

LIRE« La Masturbation Contrôlée »

LE NOFAP EST SOUVENT LA CONSEQUENCE D’UNE CULPABILITE INUTILE ET NOCIVE.

- Comme je l’ai déjà expliqué sur la page Trouver de l’Aide, il y a, au moment où vous prenez conscience de votre addiction, tout un phénomène de culpabilité et de stigmatisation vis-à-vis de la masturbation, des fantasmes, des pulsions, des « pensées sexuelles » et des « flashbacks » qui se met en place.

SOLUTION : Il vous faut prendre du recul et faire la part des choses. La culpabilité peut être un ami précieux et un levier très puissant, vecteur de changement solide et durable. J’en reparlerai plus bas mais pour l’heure, je tiens à vous dire ceci :

vos pensées ne sont que des pensées, vos fantasmes ne sont que des fantasmes, et ces choses, tout comme votre masturbation (sans porno), ne font de mal à personne. Ce ne sont pas des actes. Vous n’avez donc aucune culpabilité à avoir.

Plutôt que de vous en vouloir et de vous flageller lorsqu’un « flashback » arrive dans votre tête, je vous propose de vous détendre et de prendre du recul. Vous n’avez rien à vous reprocher, ce ne sont que des pensées, des « images mentales ». Je vous conseille d’accepter que pour l’instant, elles sont là. Elles font temporairement partie de vous. Rassurez-vous, elles partiront. Cultiver la patience et la tolérance envers vous-mêmes sera bien meilleur pour votre estime de vous.

Sur la page « Trouvez de l’Aide », je vous suggère de noter des phrases-clefs à vous rappeler pour faire face à cette culpabilité inutile.

PRATIQUER LE NOFAP MAINTIENT DANS UNE PEUR DE SA LIBIDO, ET UNE MECONNAISSANCE DE SOI

- Non seulement se retenir de se masturber augmente sévèrement le risque de rechute, mais en plus, le phénomène de répression de la masturbation amène souvent les personnes à se « couper » de leur libido. C’est à dire qu’à force de réprimer la masturbation, on finit par devenir « flippé » de ressentir l’envie de se masturber. Et ça c’est très problématique, et ça n’amène qu’une guérison en demi-teinte, puisque la personne n’a pas appris à se familiariser avec cette énergie sexuelle qui pourtant la suivra toute sa vie. (A moins de s’émasculer, ce que je déconseille vivement, personne ne peut se déconnecter à vie des réponses hormonales de son corps – l’organisme étant programmé pour ressentir de l’excitation et pour être stimulé sexuellement).

 

- D’autre part, et c’est un peu la suite logique, la personne ne peut alors pas redécouvrir sa sexualité, car elle reste dans la peur d’être excité. Elle a peur de sa sexualité, qu’elle continue d’associer à la pornographie (et ce parfois même lorsque la personne a cesser d’en voir depuis des années !).

Ce dernier point n’est pas une vérité absolue, mais c’est ce que j’ai pu remarqué chez beaucoup de personnes qui choisissent de stopper la masturbation (« NoFap » donc)

Ce témoignage est un des plus importants que j’ai lu, j’espère qu’il vous inspirera… :

« La nuit dernière, j’étais assis en train de me relaxer après l’entraînement, occupé à ne pas me masturber (vous savez bien de quoi je parle) et bien sûr, je pensais au sexe. Puis j’ai pris conscience de ça : j’aime vraiment penser à de belles femmes. Je veux dire que ça me rend HEUREUX. Je me suis senti m’affirmer, en acceptant d’être excité sexuellement sans le voir comme un problème. Pour la première fois de ma vie je ne le voyais pas comme un problème à régler. J’ai réalisé que c’est mon état naturel en tant qu’homme… »

« Pensez-y: si vous êtes pris dans le cycle quotidien du PMO, vous considérez que votre désir sexuel est un problème qui a constamment besoin d’être régler. Nous avons en quelque sorte peur d’être excités parce qu’à chaque fois que nous commençons à ressentir ce désir, nous commençons immédiatement à nous protéger jusqu’à ce qu’il s’en aille. POURQUOI? La nuit dernière, j’ai découvert que si vous ne vous précipitez pas pour « éteindre ce feu », il se trouve que ce feu est celui qui devrait être constamment en train de brûler dans tous les hommes, nous poussant dans le monde pour avancer. « 

LE NOFAP AMENE EN GENERAL UNE « FLATLINE », QUI RISQUE DE VOUS RENDRE ANXIEUX

- La plupart des pornodépendants ont de l’anxiété lorsqu’il s’agit de leurs relations sexuelles (on parle parfois d’ « anxiété de performances », ou « anxiété de performance sexuelle »). Hors, le Nofap risque de vous amener dans une Flatline risque d’empirer votre souci, en amenant votre libido au « point mort ». Cela risque d’augmenter votre anxiété, et si votre objectif est de pouvoir retrouver de meilleures érections et une éjaculation fonctionnelle, alors la Flatline est dangereuse pour vous.

VOICI UN PONCIF : « La flatline c’est un passage obligé »

NON, et… heureusement ! 

Moi aussi j’ai cru ça pendant longtemps… Et ça fait partie des principales idées reçues en lien avec le sevrage. Au contraire, la flatline, vous ne l’avez pas (ou très très peu) quand vous vivez le sevrage en CONTINUANT la masturbation. Et la flatline est assez peu constructive, car là encore, elle déconnecte de ce que le monsieur décrit très bien plus haut : la libido. Après elle peut être une expérience intéressante pour certaines personnes peut-être, mais elle n’est pas à rechercher, n’étant pas une aide en soi (car de toute façon, la libido ne peut pas être contenue éternellement, et je trouve plus constructif de réapprendre à la connaître sans en avoir peur).

LE « NOFAP »  : UN RISQUE DE « REBOND » 

Après toutes ces années à avoir essayé différentes façons de traverser le sevrage, je pense que pratiquer le « NOFAP » après des années d’addiction, c’est se plonger tout seul dans un sevrage extrêmement difficile.

Pourquoi ?  Parce-qu’à l’instar des gens qui arrêtent un benzodiazépine (xanax, prazépam etc) brutalement, le corps subit des changement neurochimiques auxquels il n’est pas bien préparé.

Selon mon expérience, le fait de stopper trop brusquement sa fréquence d’orgasme lors de l’arrêt du porno (pas nécessairement par la masturbation, je recommande d’ailleurs aux personnes en couple de favoriser les rapports sexuels avec leur partenaire) amplifie énormément les symptômes du sevrage (tremblements, états anxieux, « cravings » et sensation de manque…).  Gary Wilson, précurseur dans la sphère de l’étude de l’addiction à la pornographie et du sevrage, explique :

« Lorsqu’un dépendant quitte une dépendance, des changements neurochimiques et cellulaires prévisibles se produisent dans des régions spécifiques du cerveau. Cette cascade d’altérations neurochimiques peut inclure:

- une baisse supplémentaire des niveaux de dopamine,

- une diminution supplémentaire des opioïdes et des endorphines,

 

une chute du niveau de GABA (acide o-aminobutyrique), qui est un neuro-transmetteur anti-anxiété,

- une augmentation des hormones de stress cérébral CRF (aussi appelée « corticoréline ») et de la norepinephrine (aussi appelée « noradrénaline »),

- un niveau de Dynorphine élevé, qui inhibe la dopamine et réduit la réponse au plaisir.

Ceci expliquerait de façon plus scientifique pourquoi les personnes qui pratiquent le « NOFAP » vivent le sevrage de façon extrêmement pénible (cela allant crescendo avec le temps), et restent coincés dans l’addiction de la consommation par intermittence, que nous avons déjà abordé plus haut.

Pour pallier à ces difficultés, certains accompagnants ou anciens dépendants suggèrent un « arrêt progressif » de la consommation. Pour ma part, je déconseille également cette approche. En revanche, avoir des orgasmes plusieurs fois/semaine est INDISPENSABLE. Bannir la masturbation (sans porno et pratiquée de façon contrôlée) est une grosse erreur, tout comme l’est celle de culpabiliser de se masturber. 

CONCLUSION ET SOLUTIONS : 

Masturbez-vous avec la technique de la masturbation contrôlée. Ne cherchez pas à rejeter toute forme de culpabilité*, mais ne vous culpabilisez pas pour des choses qui restent de l’ordre du ressenti et de la pensée. Seuls les actes comptent.

Ne cherchez pas à fuir ou à étouffer votre libido. N’ayez pas peur de ressentir de l’excitation (vous êtes un être HUMAIN…). 

Tout le monde pense au sexe, tout le monde est excité au quotidien, et tout le monde a des fantasmes.

Ceux qui vous posent souci partiront petit à petit grâce à la masturbation contrôlée.

Vous n’avez pas à avoir honte de ce qui se passe dans votre tête. 

*Attention à ne pas mal interpréter mes propos. Je n’encourage pas ici à laisser grandir une culpabilité écrasante, qui vous paralyserait et vous détruirait. Par contre, j’invite le lecteur à faire la part des choses pour apprendre à gérer cette culpabilité, et s’en faire un ami, qui a le pouvoir de nous tirer vers le haut, en nous alertant lorsque nous faisons des choses mauvaises pour nous-mêmes et/ou pour les autres. Elle est un puissant moteur pour le changement, le vrai. Mais elle ne devrait concerner que les actes. Voici mon conseil : culpabiliser de cliquer peut être nécessaire et faire naître une plus grande détermination (à condition de ne pas croire encore au mythe : « cliquer sur du porno ne fait de mal à personne »).

Mais culpabiliser pour des pensées ou des ressentis est inutile et destructeur. Se sentir coupable de se masturber (sans porno) est également contre-productif et dommage.

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Si ce n’est pas encore fait, je vous recommande de lire la page « Trouver de l’Aide » pour savoir comment stopper la consommation de pornographie.

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