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(Awareness) « Sex Trafficking ? Quel rapport avec le Porno ? »

 MAJ le 23/09/2021

ATTENTION :

LE LANGAGE PEUT ÊTRE EXPLICITE.

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« Qu’est-ce que le sex trafficking ? »

Cette notion n’est pas toujours simple à comprendre, et peut varier légèrement en fonction des états et pays.

En gros, c’est le détournement, par le déploiement, le recours à des moyens telles que la force, la fraude et/ou la coercition, pour tirer profit de la prostitution d’une personne et/ou l’exploiter sexuellement (ce qui n’implique pas nécessairement la prostitution). Le procédé consistant à exploiter une personne est appelé coercition, et comprend de très nombreuses techniques.

Manipuler, faire pression, menacer, faire chanter, infliger des violences physiques, humilier, intimider, torturer, agresser, recourir à la coercition psychologique, à la tromperie, à la fraude…

Nous pourrions traduire littéralement sex trafficking par trafic sexuel. Toutefois, ce terme peut créer une certaine confusion. En France, on parle plutôt de « traite ». Plus spécifiquement, on parle de traite à des fins sexuelles.

En résumé, le sex trafficking est de l’esclavage sexuel.

Quand les personnes regardent du porno, elles n’ont aucun moyen de savoir dans quelle mesure la personne est consentante. C’est pourquoi le porno est un média idéal pour celui ou celle qui exploite la victime.

 Certains témoignages d’actrices ont été recueillis dans cet article, afin de vous donner un aperçu de ce qui se passe dans les coulisses de la pornographie…

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Le porno, un monde d’illusions

- Dans sa vidéo youtube « Pourquoi j’ai quitté l’industrie du porno ? », Paige Jennings déclare :

« Peu importe ce que les médias mainstream relaient sur le porno, en général, quand cela se produit, l’industrie s’en préoccupe énormément. A moins que le média concerné dépeigne un genre de portait d’une pornstar très connue, vraiment très heureuse et joyeuse, le porno n’aime pas que les médias les coincent en révélant les mauvaises conditions des coulisses.

Pourquoi ? Parce-qu’ils vendent un fantasme, une illusion…

Soyons clairs sur ce point : Le porno veut que les gens qui consomment croit que tout ça est du sexe fun, dans la joie et la bonne humeur, dans un monde de sexe parfait, où toutes les femmes sont des déesses du sexe et qu’elles n’en ont jamais assez, et que rien de malsain ne se passe derrière la caméra.

Pourquoi voudriez-vous pensez cela (à la réalité des coulisses) en tant que consommateur ?

Vous ne voulez pas penser à cela.« 

- Elizabeth (Jan Meza) : « Bien sûr que tout était du faux. Il faisait croire à mes fans que je vivais une vie formidable,ce qui était loin de la vérité. J’alimentais leur fantasme. Je racontais que je voulais du sexe 24/24 7/7 et je jouais la comédie pour faire croire que je raffolais de ça et que j’étais heureuse. ……ils connaissaient Elizabeth [la porn star], mais jamais ils ne se seraient souciés de la personne derrière, la véritable moi (Jan Meza). »

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Le porno, rien à voir avec la prostitution ?

Il nous est plus facile d’envisager que des personnes prostituées soient exploitées, victimes d’un ensemble de procédés de manipulation (coercition). Pourquoi est-il plus difficile d’en faire de même lorsqu’il s’agit de pornographie ?

Entre autre parce-que nous avons tendance à imaginer des frontières entre ces deux sphères de l’industrie du sexe.

J’ai pu découvrir de très nombreux témoignages. Jenna Jameson, Sandra Romain, Jessie Rogers, Belladonna, Jada Fire, Vanessa Blue, Vanessa Belmont, pour ne citer qu’elles, étaient aussi escort et/ou modèles pour « sexcam », et/ou stripteaseuses. 

Selon « Rescue Freedom », une organisation anti-trafic sexuel à but non lucratif, 49 % des femmes insérées dans la prostitution témoignent avoir été filmées 47% d’entre elles ont précisé que des hommes ont tenté de les forcer, ou les ont forcées à faire des choses qu’eux-mêmes avaient vues dans du matériel pornographique.

- Témoignage de Vanessa Belmont, ancienne prostituée ayant fait du porno, extrait de son article « « Working in Porn Industry is a Dead End Trip to Nowhere » : « J’ai travaillé dans l’industrie du « divertissement pour adulte ». J’ai fait plus de 50 scènes pornos, dansé dans les clubs de strip-tease et ai fait de l’ « l’escorting » – C’EST-À-DIRE  de la prostitution. »

- Dans l’étude (2) menée en 2007 dans 9 pays par Melissa Farley (« Prostitution Research » de San Francisco) auprès de 854 personnes prostituées (femmes et hommes), les résultats révèlent clairement que la pornographie est souvent imbriquée au milieu de la prostitution. Près de la moitié (49%) ont dit qu’elles étaient emmenées sur des tournages de films pornographiques rapidement après être entrées dans le milieu de la prostitution (non filmée)

- Je laisserai Jessie Rogers (ancienne prostituée – « actrice » porno) conclure ce chapitre très simplement, en citant un extrait de son témoignage : 

« l’industrie du porno est comme une sorte de camouflage pour le cercle de la prostitution, où les agents, qui sont en fait des proxénètes/pimps, font toujours plus d’argent en envoyant leur « filles » faire ce genre de trucs. Le porno, l’escorting, le stripping et le webcaming forment un cercle. »

- Des reportages tels que « DEMAND » proposé par Shared Hope International, explique les liens entre la pornographie, les « peeps shows », les « strips clubs » etc.

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Le porno produit par des gros studios, un gage de contrôle ?

Avant tout, il est impossible de contrôler, impossible de savoir si la personne est victime de coercition, et donc victime de la traite. De plus, des polémiques graves impactant des actrices connues dans ce milieu ont été relayées : l’affaire du viol de Nikki Benz  (3) ou l’article « 25 reasons » de Jenna Jameson (4), qui raconte que même dans les hautes sphères de l’industrie, « les femmes sont traitées comme des jouets« .

Je me rappelle d’une personne qui, après avoir lu un de mes articles sur les liens entre le porno et l’esclavage sexuel, expliquait qu’il ne choisissait que du porno produit par des gros « studios », avec des « actrices » (désolé je suis obligé de mettre des guillemets, ce mot participe aux idées reçues que je tente de déconstruire ici) célèbres. Il prétendait que cela lui permettait d’éviter d’alimenter l’exploitation sexuelle.

Heureusement, grâce à mes recherches, j’ai pu lui prouver que cet argument n’a pas de valeur.

Peu importe que le porno consommé soit produit par des gros « studios » richissimes et populaires ou non, les controverses sont nombreuses.

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Si les personnes n’aiment pas faire du porno/se prostituer, elles n’ont qu’à arrêter.

Malheureusement, les choses sont loin d’être aussi simplistes.

1 - une étude menée par Melissa Farley (5) a révélé que, sur les 854 personnes interrogées, 89% des personnes prostituées voulaient quitter l’industrie, mais qu’elles n’avaient pas d’autres options pour survivre. 75% avaient déjà expérimenté une situation de sans-abrisme. Par ailleurs, à l’instar des phénomènes de migration et d’évolution des technologies, la pauvreté est un facteur ayant déjà été souligné par les chercheurs (6).

Dans ma traduction de l’intervention « SHOULD PROSTITUTION BE DECRIMINALIZED? » d’Harmony « Dust » Grillo (survivante de la prostitution, spécialiste depuis 20 ans de l’accompagnement des personnes prostituées, ayant formé les services de police de Los Angeles, les services de police de Las Vegas et le FBI, fondatrice de TREASURES), vous trouvez notamment le chiffre suivant :

Selon 18 sources différentes, (comprenant des recherches et des rapports de gouvernements), il est estimé que 84% des femmes dans la prostitution sont sous le contrôle d’une tierce partie »

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2 - Toujours d’après l’étude dirigée par Melissa Farley,  les deux tiers des 854 personnes répondaient aux critères du « syndrome de stress post-traumatique ». 

- Une étude koréenne de 2009 a également révélé, que les personnes prostituées souffrent davantage de syndrome de stress post-traumatique (PTSD), 

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3 – Les victimes sont parfois des adolescentes fuyant une situation d’abus sexuels.

- Silbert § Pines, dans leur enquête « The Influence of Pornography on Sexual Crimes »menée auprès de 200 prostituées., ont découvert que presque 2/3 de ces personnes travaillant alors dans la prostitution avaient 16 ans ou moins… Par ailleurs, plus d’1/4 de ce groupe de jeunes prostituées avait également été exploitées dans la pornographie juvénile.

- Dans une enquête menée par « Thorn » (7), 63 % des victimes d’âge mineur ont témoigné avoir été vendues ou affichées sur internet, et 70 % témoignent qu’on les a forcées à faire du porno pendant la période où elles étaient détournées/victimes de la traite.

- L’article « Adult movie actress Traci Lords reveals raped age 10 Piers Morgan interview high school rape case home town » publié par dailymail révèle le témoignage de Traci Lords, qui explique avoir été violée quand elle avait 10 ans avant de fuir son foyer. Traci Lords aurait par ailleurs été filmé dans du porno pour la première fois à l’âge de 15 ans…

- Dans son témoignage sur youtube, Jessie Rogers raconte son histoire, et explique qu’à l’instar d’autres jeunes femmes, elle fuyait elle aussi un foyer où elle était violée. Alors âgée de 17 ans, elle a répondu à une annonce sur « craiglist », qui proposait de faire du « modelling » (mannequinat). Elle a alors rencontré un « agent » qui lui a finalement expliqué que ce n’était pas du mannequinat classique, mais du porno.

- l’enquête coréenne que j’ai déjà citée met également en avant un lien entre l’entrée dans la prostitution et le fait d’avoir eu une enfance abusive (CSA : Childhood Sexual Abuse).

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4 – Les personnes sont parfois frappées

- Témoignage de Sierra Sin (8) « Ma première scène a été l’une des pires expériences de ma vie. C’était très effrayant. C’était une scène très difficile. Mon agent ne m’a pas laissé savoir à l’avance … Je l’ai fait et je pleurais et ils n’ont pas arrêté. C’était vraiment violent. Ils me frappaient. Ça fait mal. Cela m’a fait peur plus que tout. Ils n’arrêteraient pas. Ils ont juste continué à tourner. « Lors de certaines de mes expériences sur les plateaux de tournage porno, j’étais totalement épuisée et les producteurs ne trouvaient rien à y redire et même de me fournissaient de l’alcool et des drogues. J’ai connu des scènes de sexe brutal (« rough sex ») et j’ai même été cognée par un acteur, je leur ai dit d’arrêter mais ils ne l’ont pas fait avant que je ne commence à pleurer et à gâcher la scène.»

 Jaxin Jersey (9) : « Vous êtes un chiffre. Vous êtes meurtrie. Vous avez les yeux noirs. Vous êtes déchirée. Vous êtes éclatée. Ce n’est pas joli … sur le plateau. On vous blesse… Vous pouvez dire tout ce que vous voulez ils ne vous écoutent pas … Ils ont une autre scène à tourner. Tout est une question d’argent. Ils ont oublié qui ils sont et ils se fichent de savoir qui ils ont blessé. »

- Au cours de leurs recherches au près de 200 femmes prostituées, Silbert § Pines (10) ont montré que les personnes prostituées considéraient que l’abus sexuel faisait partie de leur travail, et qu’un grand nombre d’entre elles avaient été abusées en dehors de ce milieu ou dans leur enfance avant leur insertion dans la prostitution. Nombre de descriptions de ces agressions sexuelles faisaient référence au rôle de la pornographie. Ces 200 femmes ont relaté 193 viols et 178 agressions sexuelles dans l’enfance. Dans les cas de viols, un quart (23%) expliquait que la pornographie était utilisée par le violeur.

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5 – Les personnes peuvent être victimes de manipulations, de chantage et autres abus :

- Voici un extrait de l’article « Performers are sometimes forced or coerced during the production of mainstream pornography. » (11), publié par « Stop Trafficking Demand/PornharmsReasearch, partenaire du National Center of Sexual Exploitation » :

« Les actrices ont signalé les points suivants lors du tournage de films pornographiques :

- L’alcool et la drogue sont des éléments de base dans le porno. Beaucoup reçoivent des médicaments/drogues afin qu’ils puissent continuer à tourner encore après la scène, ou pour ignorer le traumatisme physique vécu par leur corps.

- Si la personne s’oppose à la réalisation de quelque chose qui la met mal à l’aise ou représente un risque pour elle, elle est souvent menacée d’abus physique ou d’autres formes de chantage.

- Elles signent souvent des contrats stipulant quels scénarios / pratiques ils sont prêts à pratiquer ou non. Ensuite, leurs « réalisateurs », photographes, « agents » et autres « collègues » acteurs ignorent parfois ces limitations, ou ne les respectent pas, les incitant constamment à entrer précisément dans les scénarios ou les pratiques auxquels elles ne veulent pas recourir.

- Elles sont fréquemment battues, étouffées, dégradées et abusées verbalement par les autres acteurs pendant le tournage. Une grande partie de ce qui se passe sur le tournage peut être définie comme une agression sexuelle et un viol.

- Si les actrices ne font pas semblant d’apprécier, de prendre du plaisir à subir ces abus sexuels, elles sont parfois maltraitées physiquement après le tournage.

- Le reportage « Hardcore » de Stephen Walker. Extrait du témoignage du réalisateur :« son agent l’a poussée à faire des films toujours plus extrêmes. Plus extrême signifiait plus d’argent, et Richard voulait s’en faire autant que possible …. »…. « Je suppose que mon seul réconfort est que, finalement, j’étais là pour intervenir. Qui sait ce qui serait arrivé si elle avait été seule? Ce qui, bien sûr, est exactement le cas pour les millier d’autres filles qui ont déjà tourné avec Max Hardcore. »

- Dans un article du DailyBeast, l’ancienne « pornstar » Aurora Snow (12) raconte :

« Je ne voulais pas me plaindre, mais je suis sûr que ça ne devrait pas se passer ainsi », avoue Scarlet, se rappelant la conversation téléphonique qui la rendait encore plus vulnérable.  »Je te dis qu’il m’a agressée sexuellement, qu’il m’a touchée, qu’il a dit des choses pour que je reste chez lui. »

« J’étais déjà surmenée et mon vagin me faisait vraiment mal, mais on m’a dit que j’étais une amatrice et que je n’y connaissais rien à comment cela (le porno) fonctionne ».

« Les agents, réalisateurs et producteurs se fichent de ce qu’une fille fait. Ils ont un produit à vendre et se fichent d’avoir bonne conscience. Tout ce qu’ils veulent au final c’est de l’argent », explique Alana Evans. «En gros, vous supprimez le vrai droit de consentement d’une actrice en repoussant ses limites; les frontières commencent à devenir floues quand une fille dit qu’elle est mal à l’aise. « 

- Au Japon, la fondatrice de Lighthouse: Center for Human Trafficking Victims (initialement Polaris Project Japan – association à but non lucratif de lutte contre la traite) explique :

« Les victimes sont amenées à signer un contrat de mannequin », a déclaré Fujiwara. «Lorsqu’ils arrivent sur le plateau, ils sont informés qu’il s’agit d’un tournage porno. Ils implorent de quitter ou de rentrer chez eux mais sont menacés de payer des millions de yens pour des sanctions en cas de violation de contrat et finissent souvent par céder. Les résultats sont dévastateurs. » Tels sont les propos recueillis par le LATimes, dans un article de 2016, faisant suite à l’arrestation du président de la société Marks Japan (ainsi que deux autres hommes) par la police de Tokyo, soupçonnés d’avoir forcée une femme à tourner dans plus de 100 films pornographiques entre 2009 et 2014. La jeune femme affirme avoir été recrutée comme mannequin.

- En 2017, le HRN (Human Rights Now) publie un rapport intitulé « Violations des droits humains contre les femmes et les filles par l’industrie du film pornographique du Japon ». Il est rapporté : « The women were lied to in order to make them sign contracts; then they suffered physical and psychological abuses as well as financial pressure. This violence led to the suicide of one of the victims described in the report. »  (« on a menti aux femmes pour leur faire signer des contrats; puis elles ont subi des violences physiques et psychologiques ainsi que des pressions financières. Cette violence a provoqué le suicide d’une des victimes décrites dans le rapport. »)

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6 – Face à leur détresse, elles développent parfois des addictions. :

- Dans la vidéo « Ex Porn Star Jessie Rogers Exposes Shocking Abuses of Porn Industry & Tells Her Story.Jessica Mendes », publié par AntiPornography.orgJessie Rogers parle de la consommation de drogues dans le milieu du porno.

- Harmony Grillo, ancienne victime de la prostitution, qui accompagne les femmes victimes depuis 20 ans, fondatrice de Treasures, témoigne :  »La seule façon de survivre est de se déconnecter complètement. Ce n’est pas une vie. Arrive un stade où vous voulez tellement ne plus ressentir les choses que c’est par la suite très difficile de se connecter à nouveau. C’est comme vivre comme un zombi. » Retrouvez l’intégralité de son intervention dans la vidéo « Sex Sells: Who pays the price? »

- Jennie Ketcham (ancienne « actrice » porno – alias « Penny Flame ») : « J’utilisais les gens et les drogues dans l’industrie comme un moyen de me shooter. »

 

[Lecture suggérée : « 10-porn-stars-speak-openly-about-their-most-popular-scenes/ »]

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Les Personnes sont parfois recrutées alors qu’elles sont encore mineures (via notamment des annonces de mannequinat)

- Comme le déclare le Sénateur McCaskill dans le reportage « Young Girls Sold for Sex on Backpage.com » diffusé par « ABC NEWS » (traductions des interventions/interviews réalisées par Indie – fondateur de ce blog) : « La majorité des mineurs vendus pour du sexe aux Etats-Unis ont été détournées via le site Backpage » (13)

D’après les spécialistes de la lutte contre le Trafic Sexuel, « Backpage » est impliqué dans 3/4 des cas de prostitution de mineurs (14). Selon la plus grosse enquête jamais réalisée sur l’industrie du sexe par « The Urban Institute » (15)  : « Les forces de l’ordre ont rapporté que les mineurs victimes du trafic sont maintenant proposées en ligne alors qu’il y a cinq ans, elles auraient été dans la rue.

Le National Center Of Sexual Exploitation, en association avec « PornHarmsResearch », déclare :  « Backpage.com est un « hub » de vente aux enchères virtuelles où les clients peuvent « faire leurs courses » en achetant des êtres humains pour du sexe, depuis leur maison, bureau, une chambre d’hôtel, ou un téléphone portable (…) Ce site Web facilite cette activité en publiant des prétendues annonces publicitaires, pour dissimuler leur activité illégale, qui nourrit les fondements mêmes de cette activité criminelle. Backpage reste immunisé face à toute poursuite en raison du « Communications Decency Act Section 230. »*

- Nicole Lubienski (avocate de victimes de trafic sexuel) :  »L’âge moyen de l’entrée dans le milieu du trafic sexuel est de 12-14 ans pour les victimes aux USA. A cet âge-là elles sont toutes vulnérables et naïves. Et ce n’est pas difficile pour un Pimp de se glisser dans la peau du « type sympa qui traîne avec elles », ou de celle d’un « recruteur » au centre commercial qui leur propose de faire du mannequinat. Puis quand elles commencent à leur écrire, elles s’impliquent en général progressivement de plus en plus, et cet homme qu’elles ne connaissent pas bien devient petit à petit leur petit copain. Il fait des choses pour la fille. Il lui achète des choses. Et cette dernière a l’impression qu’elle lui doit quelque chose. » (16)

Christina Tipton (activiste, Christina aide les mineures victimes de la traite/trafic) « Souvent c’est un petit copain plus âgé, ou quelqu’un qui vient d’entrer à l’université… « . Je veux sortir avec toi, je peux prendre soin de toi, je peux t’offrir ce que tu veux, tu es drôle, tu es belle…. » Il n’y a pas longtemps un conseiller scolaire a appelé au domicile d’une étudiante qui était absente en cours. Il a demandé : « Est-ce que tout va bien, votre fille n’est pas venue à l’école aujourd’hui ? » La mère a répondu : « Ah.. Je ne sais pas du tout où elle est. Je ne l’ai pas vue. » Vous imaginez ? Cette fille a 15 ans et personne ne s’inquiète de savoir où elle se trouve. Le Conseiller scolaire a prévenu les forces de l’ordre et ils ont localisé la fille. Ils l’ont retrouvée sur le site web Backpage. Si vous ne connaissez pas backpage*, sachez que c’est très similaire à Craiglist, mais pour des services d’escort et de prostitution. »

*Backpage a été fermé il y a 2 ans suite à une investigation fédérale par le Sénat américain. Mais il existe d’autres plateformes similaires…

DES EX-PORNSTARS PARLENT DU RECRUTEMENT DE MINEURS DANS LE X

- Dans sa vidéo : « The Truth About Hot Girls Wanted »(reportage sur les coulisses du porno amateur de Floride), Paige Jennings explique que le recrutement de personnes mineures est chose courante dans l’industrie du porno. Elle parle aussi de Craiglist et de son rôle dans le recrutement.

- Jessie Rogers témoigne : « « Je cherchais un job sur Craiglist, et une annonce proposait de gagner de 20 000 à 30 000 dollars par mois dans du mannequinat. J’avais déjà eu des expériences par le passé en mannequinat qui étaient bien payées mais jamais autant. Donc pour être honnête, ça m’a attirée. C’est une longue histoire mais pour faire court, j’ai alors rencontré un agent alors que j’avais 17 ans, qui m’a expliqué que c’est n’est pas du mannequinat classique mais du porno. »

 

DES EX-PORNSTARS PARLENT DES « AGENTS »

Paige Jennings :

« Je vais tâcher de rester zen sur ce sujet… Premièrement, soyons clairs : il n’y a pas de « bonnes personnes » chez les « agents ». Je ne sais pas ce qu’il en est dans les autres industries, mais dans celle du porno, les « agents » sont des proxénètes glorifiés. Je vais tâcher d’être honnête sur ce sujet. J’en ai rencontré plein, et certains d’entre eux ont l’air sympathiques. Ils ont l’air d’avoir du coeur. Ils se présentent comme des « businessmen », et ils feignent se soucier des filles.

Mais la réalité c’est qu’ils sont dans un business qui consiste fondamentalement à amener au maximum les filles à pratiquer le plus de trucs possibles pour de l’argent.

Plus ils peuvent profiter de la fille, plus ils peuvent l’amener à lui faire faire des choses, en sachant qu’ils s’arrangeront au maximum pour donner le moins d’argent possible à la fille, et mieux c’est pour eux, car plus les producteurs vont les contacter et les solliciter…

Réfléchissez : si vous êtes un agent et que vous êtes en contact avec un producteur, et que vous lui proposez une fille de 18 ans pour faire 1ère pratique anale, et qu’en plus vous lui proposez ça pour un faible prix (parce-que vous aurez payé la fille au rabais en lui assurant : « oui oui tout le monde gagne cette somme pour faire cela » et qu’elle vous aura cru car à 18 ans on est stupide), bien entendu les producteurs continueront de venir vous voir… Il y a donc un ENORME conflit d’intérêt dans ce secteur, et une énorme structure incitative. » 

- Extrait d’un témoignage de Jenna Jameson (ancienne « pornstar ») : « Les suitcases pimps amènent des filles dans l’industrie, deviennent leurs « gérants », prennent tout leur argent puis les laissent souvent brisées, telles des épaves prématurément vieillies»

Le Cas « Bangbros »

- Le studio de production de pornographie « Bangbros » est un très gros studio de production. Pourtant, il a été accusé d’avoir fait du porno avec au moins 3 personnes mineures, comme le rapportent le Miami New Times (17). Parmi elles,  « Ambre » (pseudo) raconte comment elle a été séduite par un individu âgé de deux fois son âge lors d’une fête alors qu’elle avait 15 ans, et qu’elle a été détournée pour faire du porno produit par « Bangbros » alors qu’elle était mineure.

L’article « This is How Bangbros Made a Porno Featuring a 15 years old beauty queen and a murderer » (18) du Miami New Times explique qu’Ambre n’est pas seule. Au moins deux autres filles mineures ont été recrutées par Jeffrey Greenberg selon la Police, et Ambre ajoute qu’il y en a à priori « beaucoup plus« …

Jeffrey Greenberg (aujourd’hui décédé) était le Manager des studios de production « BangBros » et « RealityKings », et dirigeait ainsi un empire d’environ 18 Millions de $. 

Extrait :  »Son nom est derrière beaucoup de sites Web se spécialisant  surtout dans le « MILF » jusqu’aux « Latinas », et dans quelque chose intitulé « Team Squirt ». Et parce que son business filme des milliers de femmes par an, il est presque tout seul responsable de la transformation de la Floride en un épicentre de films d’adultes. »

Si vous êtes dépendant(e) à la pornographie : CLIQUEZ ICI POUR CONSULTER LE PROGRAMME DE GUERISON.

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Suggestion de conférences :

« How to spot human trafficking | Kanani Titchen | TEDxGeorgeSchool ». Chiffres édifiants : un proxénète gagnerait en moyenne 200 000 dollars par an par l’esclavage de seulement une seule victime. Kanani explique que les « pimps » sont extrêmement difficiles à dénombrer, car ils disparaissent tout le temps, se dispersent, et se transfèrent d’une personne à l’autre. La femme polie en bas de la rue, ou l’oncle, le patron, le petit ami… « Ils vivent parmi nous, tout comme leurs victimes. » Kanani Titchen MD, est médecin de l’adolescence à l’Hôpital pour enfants à Montefiore, Bronx, New York. Elle a fait face au trafic sexuel humain pour la première fois lors d’une rotation gynécologique au sein d’une école de médecine du Collège médical Sidney Kimmel de l’Université Thomas Jefferson à Philadelphie, en Pennsylvanie. Kanani a été présidente 2013-2014 de la Division des résidents nationaux de l’American Medical Women’s Association. Au cours de son mandat de président, elle s’est entraînée avec les Services de formation et d’éducation pour les filles à New York et a créé un didacticiel vidéo en ligne pour informer les médecins du trafic sexuel humain. Elle a rédigé de nombreux articles pour les revues médicales et pour la presse laïque sur le trafic sexuel des enfants américains et l’éducation des médecins, et elle a défendu des survivants du trafic sexuel aux Nations Unies et au Département américain de la santé et des services sociaux.

« Sex trafficking isn’t what you think it is | Meghan Sobel | TEDxMileHighWomen ». Cette vidéo est particulièrement instructive, car elle confronte les idées reçues et véhiculées par le cinéma grand public sur ce qu’est le trafic humain (on souvent alors à l’esprit l’image d’une personne enfermée dans une cave, ligotée…), avec la réalité. Elle explique que les gens n’ont pas bien conscience de l’ampleur du problème. 

Suggestion de Reportages/Documentaires

« Stuck In Traffic, Modern-Day Slavery In Michigan ». Description de Viméo.com : « Sex trafficking in Michigan is part of a multi-billion dollar, illegal industry. Yet most people are unaware that it is going on all around us. “Stuck In Traffic, Modern-Day Slavery In Michigan” is a documentary that sheds light on this terrible trade. » « Stuck in Traffic » est un reportage de 40 mn qui commence par une série d’interviews révélant le degré d’ignorance des gens sur l’existence de l’esclavage sexuel moderne, et de ce qu’il implique. L’histoire de Danielle et le rapport de Isaiah Mckinnon, Chef de la Police de Détroit, expliquent que les victimes du trafic sexuel sont souvent des jeunes filles maltraitées, violentées par leurs parents, et dont la carence affective énorme est exploitée par les « pimps », qui savent très bien comment utiliser cette faille. Le témoignage de Danielle nous informe également que l’esclavagisme sexuel n’est pas ce cliché qui se résume dans l’imaginaire collectif à capturer une personne et à la retenir prisonnière, mais qu’il prend souvent la forme d’un processus insidieux et bien dissimulé derrière une véritable stratégie de manipulation. 

(1) « estimating-size-and-structure-underground-commercial-sex-economy-eight-major-us-cities«  - The Urban Institute. (2) « Renting_an_organ_for_ten_minutes_What_tricks_tell_us_about_prostitution_pornography_and_trafficking«  - Melissa Farley

(3)   »theDailyBeast : « A Famous pornstar claims she was raped on set… »

(4) « Les 25 raisons de Jenna Jameson pour ne jamais faire de porno »

(5) « Prostitution and Trafficking in 9 Countries: Update on Violence and Posttraumatic Stress Disorder. » (6) « Globalisation, the sex industry, and health » (7) - « A Report On The Use of Technology to Recruit,Groom and Sell Domestic Minors Sex Trafficking Victims » – Thorn (8) – « Harms of production: theorising pornography as a form of prostitution » – Meagan Tyler (2015) (9) « Former porn star Jersey Jaxin Story » – The Pink Cross 10 « The Influence of Pornography on Sexual Crimes » – Silbert § Pines (1984) (11)« Performers are sometimes forced or coerced during the production of mainstream pornography. » – PornharmsReasearch / StopTraffickingDemand (12) « the-sexual-coercion-epidemic-in-porn » (13) « Young Girls Sold for Sex on Backpage.com » - ABC News (ATTENTION ce reportage  peut perturber) (14) « Vote on Anti Trafficking Measure » – toledoblade.com (15) « Estimating the Size and Structure of the Underground Commercial Sex Economy in Eight Major US Cities » – The Urban Institute (16) : « Modern Day Slavery : Sex Trafficking in Michigan » (17) « BangBros Accused of Underage Porn » – Miami New Times – MICHAEL E. MILLER (2013) (18) « This Is How BangBros Made a Porno Featuring a 15-Year-Old Beauty Queen and a Murderer » – Miami New Times – MICHAEL E. MILLER (2013)

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