Zoom sur L’Histoire de Justine : Actrice Porno Violée

3 février 0 Commentaire Catégorie: Non classé

NOTE : par souci de confidentialité, étant donné que le consentement de la victime reste flou quant à la diffusion du reportage, sorti il y a plus de 10 ans, j’ai renommé les personnes, et ne communique ni le nom du film (diffusé sur des grandes chaînes de tv à l’époque), ni le nom du réalisateur (qui interviendra beaucoup dans cet article).

Cela se passe en Californie.

Celle que nous appellerons ici « Justine » est en effet violée en direct. Vous comprendrez bien évidemment que pour les mêmes raisons, je ne communiquerai pas les sources des témoignages.

Ce reportage très puissant a soulevé une controverse énorme, car il a soulevé la question « jusqu’à quel point des journalistes peuvent-ils filmer sans intervenir ? ».

Il s’agit donc d’un article qui se basera sur ce que j’ai vu et ressenti (j’ai vu le reportage sans connaître le « background » il y a 1 an), mais aussi sur ce que le réalisateur a rapporté entre le moment du tournage (qui date de plus de 10 ans) et maintenant. Ce document a clairement été un des plus troublants que j’ai vu, et montre une fois encore à quel point la notion de consentement dans le porno peut être biaisée, voir tout simplement, non respectée. Justine a été à la fois victime d’intimidation/harcèlement moral, de manipulation affective (« chantage affectif comme on le nomme souvent) et de viol (une fois où elle ne se débat pas, et l’autre où elle sort de la pièce en courant).

Personnellement après avoir vu ce film, je peux clairement dire que Justine ne semblait pas du tout en état de pouvoir poser un acte de consentement, ni au moment de la rencontre avec Steve, et encore moins après.

Il faut savoir que le réalisateur n’était de base pas du tout anti-pornographie, et était en fait assez curieux de voir ce que cela pouvait être de vivre les coulisses d’un plateau de tournage.

Le Réalisateur :

« Voici comment c’est arrivé. On m’avait demandé de faire un documentaire sur une Anglaise qui allait à Los Angeles pour être une star du porno. Justine, la fille de mon film, avait été invitée par un agent appelé Chris à passer trois semaines à rencontrer des producteurs et à se produire dans des films. C’est pourquoi je l’ai rencontrée pour la première fois à l’aéroport de Los Angeles en novembre.

La truc avec la pornographie, c’est que la réaction de tout le monde est instantanément suspecte. Ce que les gens disent en public et ce qu’ils pensent en privé sont souvent des choses très différentes………. J’étais vraiment curieux de savoir ce que ça faisait d’être dans les coulisses du porno. Serais-je excité? Choqué? Ennuyé? Et je n’étais pas le seul. La plupart de mes collègues, pas tous des hommes, étaient fascinés. Certains étaient franchement envieux, bien qu’ils ne le disaient pas en public. »

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Au début, on y voit Justine, qui rencontre son « agent » Chris, qui ne montre qu’une facette de sa personne, plutôt sympa de prime abord. Mais rapidement, on voit que Chris tente de plus en plus de repousser les limites de Justine, afin de la persuader à recourir à des pratiques qu’elle a pourtant catégoriquement refusées dès le départ. On voit le comportement de Chris devenir de plus en plus violent, insultant et criant sur la jeune femme. Face à la caméra, il admet faire cela pour l’argent, car plus il arrive à convaincre Justine a recourir à des pratiques hardcore et dégradantes, plus il empoche de billets.

Le Réalisateur :

 

« Ma première expérience d’un tournage porno a été, pour le moins, troublante. Chris avait amené Justine à regarder une vidéo de gang-bang. Dix hommes avaient des relations sexuelles avec une fille dans un ring de boxe. L’impression dominante était la puanteur: des corps, de la sueur, diverses autres excrétions. C’était un spectacle révoltant, à peu près aussi érotique qu’une boucherie. C’était aussi, pour des raisons évidentes, presque impossible à filmer. Le mieux que je pouvais trouver était de me concentrer sur la litière de tissus usés sur le sol. Cela, et l’expression sur le visage de Justine, comme elle voyait, pour la première fois, à quoi elle s’était elle-même plongée. Malgré sa désillusion croissante de Justine envers l’industrie, son agent l’a poussée à faire des films toujours plus extrêmes. Plus extrême signifiait plus d’argent, et Chris voulait s’en faire autant que possible. C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés un après-midi chez Steve, haut dans les collines d’Hollywood. « 

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La scène la plus perturbante du reportage est celle où Chris a persuadé Justine de rencontrer l’horrible Steve, qui produit de la pornographie. Ce qui était sensé être une rencontre s’est résumé à Steve entrant dans la pièce, passant derrière elle, la déshabillant et « enfonçant son pénis en elle avant même de lui serrer la main, de la regarder dans les yeux ou de lui demander son consentement, pendant que Chris se contentait de regarder. », pour reprendre les termes très bien choisis par une journaliste anglaise.

« Il était évident que Justine était terrifiée et profondément effrayée, mais seule dans une étrange maison sans personne pour parler dans son intérêt en dehors de l’équipe de tournage censée être objective, le meilleur qu’elle pouvait offrir était un rire nerveux. » ajoute-elle.

Pour avoir vu la scène, je peux le dire clairement, cela n’était ni plus ni moins qu’un viol. Certes Justine ne s’est pas débattue, mais soyons plus intelligents que cela. 3 bergers allemands qui aboient et tenu par des chaînes à l’étage, 2 types super flippants, la porte d’entrée refermée derrière elle…

Beaucoup de victimes de viol sont en fait paralysées par la terreur, et entrent dans un état appelé de « sidération », où la personne se « coupe », se dissocie de ses émotions pour ne pas avoir à affronter la réalité.

Peut-on alors dire que parce-qu’elles ne se débattent pas elles sont consentantes … ?

Il est clair que non et que c’est précisément ce que Justine a vécu.

Beaucoup de spécialistes (victimologie, psychologie…) le savent parfaitement : le cliché de la personne qui se défend est DANGEREUX, car la réalité est souvent différente.

« Pourquoi une victime de trafic sexuel ne porterait pas plainte ? »

Il y a beaucoup de raisons à cela. 

[J’en parle dans ces 2 articles :

« Les Connexions entre la Pornographie et le Trafic Sexuel« 

« Le Trafic Sexuel : Pourquoi n’a-t-on aucun Chiffres ? »]

Comme je le disais, il faut tout d’abord bien comprendre que le viol ne correspond pas QUE au stéréotype de la victime qui hurle et se débat. Oui, cela existe malheureusement beaucoup, mais le viol est très souvent vécu avec une tétanie, une paralysie chez la victime. Le fait d’être entré dans cet état de sidération, d’avoir été tellement apeurée au point d’être paralysée et de ne pas réussir à réagir, ajoute en général de la culpabilité chez la victime, qui croit alors très souvent qu’elle n’est pas légitime et qu’elle est coupable d’avoir vécu le viol. Que quelque part elle ne peut s’en prendre qu’à elle-même, voir qu’elle le méritait, ou encore que cela est normal .

(la coercition a pour objectif de banalisé les abus sexuels dans l’esprit de la victime, pour qu’elle ne se perçoive pas comme telle) 

Dans la peur de faire face à la réalité, la personne peut rester repliée sur elle-même, ou même dans une sorte de déni. Il faut savoir que très peu de personnes victimes de viol portent plainte. D’après L’ONDRP (Observatoire National de la Délinquance et des Réponses Pénales), seulement 13% des victimes portent plainte.

N’oublions pas également que beaucoup de victimes ignorent les lois qui les protègent.

Le Réalisateur : 

« L’endroit était immédiatement dérangeant. Peut-être était-ce la légère odeur d’antiseptique dans l’air, comme un hôpital. Ou les trois bergers allemands enchaînés à l’étage. Ou peut-être que c’était la garde-robe pleine de vêtements pour enfants. Je me sentais extrêmement anxieux. Tout comme Justine. La seule personne qui semblait indifférente était Chris. Quand Steve est enfin arrivé, il a emmené Justine dans son bureau pour ce qu’elle, et moi, pensions être simplement une interview. Mais ce n’était pas le cas. Quelques secondes après leur rencontre, il l’a poussée sur son bureau, a ouvert sa braguette et a commencé à avoir des relations sexuelles avec elle. Justine semblait très effrayée. Et pourtant, j’ai continué de faire tourner ma caméra………..Vingt minutes plus tard, Justine s’est enfui de l’ensemble dans des hystériques. Apparemment, Steve avait forcé son pénis dans sa bouche pour qu’elle étouffe. Elle a refusé de continuer le tournage. Il a alors essayé tous les moyens possibles pour la persuader. (À un moment donné, il a exigé qu’elle paye personnellement pour son équipage.) Au début, elle a résisté. Puis elle a commencé à s’effondrer. Finalement, elle a accepté de continuer.

« À ce moment-là, je savais que je devais intervenir. Quel que soit le consentement qui existait auparavant, je ne le sentais plus présent. Alors que Justine entrait dans la salle de bain pour se préparer, je descendis chez Max. J’avais très peur. La maison était isolée et il était très tard. Ces chiens, affligés par l’agitation, aboyaient furieusement. Et Steve était extrêmement en colère. Mais alors, moi aussi, non seulement contre lui, mais surtout contre moi-même. Je ne suis pas intervenu plus tôt. Maintenant j’étais déterminé à agir. Alors j’ai simplement dit à Max qu’il n’allait pas traiter Justine comme ça. J’ai dit que tous ses actes pour la manipuler étaient là,enregistrés sur mon film*.

Avant qu’il ait eu l’occasion d’agir, nous avons attrapée Justine et avons quitté la maison. Elle a sangloté tout le chemin du retour dans la voiture. Elle a dit qu’elle était terrifiée à l’idée d’être tuée ».

*Note : il faut savoir que le cameran a filmé la scène entre J et S à leur insu. Pour avoir vu le reportage, je dois dire que cette scène a été très perturbante à regarder. On voit Steve s’asseoir à côté d’elle et essayer de la persuader de continuer, feignant d’abord de la sympathie, lui disant qu’elle est spéciale et qu’elle a beaucoup d’avenir, puis d’un coup il change totalement d’attitude, et devient extrêmement violent verbalement envers la jeune femme : «Je ne suis pas impressionné par tes putains d’efforts, c’est pathétique, tu es une putain de looseuse ! ».

« Quelques heures plus tard, je suis retourné à mon hôtel. Je suis allé dans ma chambre et j’ai fermé les portes à double tour. J’étais sûr que Hardcore me serait parti à ma poursuite. Après tout, j’avais les cassettes vidéo et j’étais pas difficile à trouver. Je me suis couché et j’ai appelé ma femme à Londres.

Au téléphone, j’ai fini par péter les plombs. Peut-être, en partie, c’était l’accumulation de ces deux semaines de vie dans une sorte d’enfer claustrophobe, sans sortie de secours, sans solution immédiate. Mais surtout, c’était le sentiment perturbant et rongeant que, en présence de ce que je ne peux décrire que comme une sorte de Mal, j’ai peut-être hésité trop longtemps… Je suppose que mon seul réconfort est que, finalement, j’étais là pour intervenir. Qui sait ce qui serait arrivé si Justine avait été seule? »

Ce qui, bien sûr, est exactement le cas pour les millier d’autres filles qui ont déjà tourné avec Steve. Ou les mille autres qui le feront. C’est quelque chose à ne pas oublier, la prochaine fois qu’un de mes amis ou collègues me demande, en privé, si j’ai eu du plaisir à faire ça. »

Le Témoignage du Réalisateur est très précieux, et il conclu bien le reportage. Sait-on si d’autres femmes ont vécu la même horreur que Justine ? Oui ! Steve a fait de la prison, car il fait partie de ceux qui ont fini par être dénoncés.

 

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