Trafic Sexuel : « Pourquoi n’a-t-on Aucun Chiffres ? »

2 février 0 Commentaire Catégorie: Non classé

« Pourquoi n’a-t-on aucun chiffre, aucune statistique ? »

C’est une question qu’on m’a posé récemment alors que je parlais du sujet du Trafic Sexuel (détournement d’une personne à des fins d’exploitation sexuelle, par la force, la fraude ou la coercition – voir en bas de page pour plus de précisions).

En fait, des chiffres, il y en a mais… en France on en parle très peu.

Cela dit, en lisant l’article « Les Connexions entre la pornographie et le Trafic Sexuel », vous verrez pourquoi il est strictement impossible de vraiment chiffrer le Trafic Sexuel. Certaines victimes restent dans le déni, d’autres ont peur d’agir ou de parler (et ce même une fois qu’elles se trouve physiquement en sécurité, la victime d’abus se sentant en général coupable)… D’autres encore ne sont pas conscientes d’être victimes (c’est très fréquent, le principe même de la coercition étant de faire en sorte que la personne n’ait pas l’impression d’être victime de détournement. Il s’agit de manipulation). 

Mais même quand certaines sortent du silence (imposé ou induit donc), il faut que ces dernières passent les différentes étapes très difficiles :

- prise de conscience, qui est une étape qui à elle seule comporte différents stades… J’ai personnellement rencontré une ancienne « actrice porno » qui n’avait pas vraiment conscience d’avoir été victime de trafic sexuel, et cela était une situation gênante, car je ne savais pas trop quoi faire, tiraillé entre la peur de lui écrouler son monde, et celui  de la laisser dans un état de semi-conscience de ce qu’elle a vraiment vécu… On sent qu’il y a une partie de la personne qui appelle à l’aide et qui a besoin de comprendre que oui, elle a été victime, mais une autre facette a peur de se confronter à cette atroce réalité.

- acceptation : certaines victimes préfèrent faire l’autruche par peur de faire « sortir le bouchon ». N’oublions pas que lorsqu’une personne prend conscience qu’elle a été abusée ou violée, elle vit très souvent un sentiment intense de culpabilité, et doit faire face à cette réalité si pénible à regarder. Leur rapport avec elle-même est totalement chamboulée, et elles revivent en général le/les traumatisme(s).

- une fois que le « deuil » est suffisamment fait, encore faut-il qu’elles aient l’envie et le courage d’en parler à des inconnus, et d’exposer leur témoignage de façon publique,ce qui est souvent vécu de façon difficile.

Donc il ne suffit pas d’un claquement de doigts pour que les personnes sortent du silence et décident de témoigner.

Les milliers de témoignages ne sont que la partie visible de l’iceberg.

I – Quelques estimations :

Selon le National Human Trafficking Ressource Center, près de 40 000 personnes ont été identifiées comme victimes potentielles de la traite des êtres humains aux États-Unis depuis 2007. Mais il faut bien comprendre que cela ne représente qu’un tout petit échantillon, puisqu’il s’agit non seulement de personnes qui sont conscientes, qui ont accepté de reconnaître qu’elles ont été abusées, et qui ont osé sortir du silence (ce que la majorité ne fera pas), et qui en ont été identifiées, c’est-à-dire dont l’identité est connue. Cela représente une toute petite partie de l’iceberg.

Même les chercheurs et experts savent très bien qu’il est impossible de vraiment chiffrer le trafic.

Extrait de la gigantesque étude menée sur l’industrie clandestine du sexe, menée par « Urban Institue en et publiée en 2014 :  »Le bénéfice global généré par le Trafic des êtres humains, qui comprend le trafic sexuel et le trafic de main-d’œuvre, a été estimé à environ 32 milliards de dollars par an (Belser 2005). Sur ces 32 milliards de dollars, environ 28 milliards de dollars peuvent être attribués à l’exploitation sexuelle commerciale forcée (Belser 2005). L’étude de Belser est la seule tentative publiée à ce jour pour mesurer empiriquement les profits générés par la traite des êtres humains et, comme le souligne l’auteur, cette étude repose sur des estimations et des hypothèses approximatives. Dans une tentative plus systématique de mesurer l’économie sexuelle commerciale mondiale, Kara (2009) estime que l’exploitation sexuelle commerciale des victimes à l’échelle mondiale a généré 51,3 milliards de dollars de revenus en 2007. Cependant, cette estimation repose encore sur un certain nombre d’estimations et d’hypothèses. »

Selon l’Office des nations unies contre la drogue et le crime –ONUDC, la traite/trafic des êtres humains compte parmi les activités criminelles les plus développées dans le monde et dont l’ampleur des profits ne cesse de grandir (32 milliards de dollars par an dont 3 milliards d’euros pour l’Europe).

Le trafic sexuel, représente 80% des cas de Trafic d’êtres humains, selon les Nations-Unies.

 

« Que peut-on faire pour lutter contre le Trafic Sexuel ? »

REPONSES ICI

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