Le « NoFap » (pas de masturbation) et l’effet cocotte minute : un marathon addictif.

20 janvier 0 Commentaire Catégorie: Non classé

« pour guérir de l’addiction il faut stopper la masturbation »

Ceci est l’un des plus gros poncifs en ce qui concerne le sevrage, et il est malheureusement la cause de nombreuses rechutes et de culpabilité inutile.

Avec le recul, mon expérience en tant qu’ancien dépendant, mes très nombreux échanges avec d’autres personnes anciennement dépendantes ainsi qu’avec des spécialistes de l’addiction à la pornographie (psychothérapeutes, conseillers en addictologie…), je peux dresser le bilan suivant :

s’abstenir de se masturber (sans porno bien entendu) est risqué et peu recommandable.

Quand on cherche à se sevrer de la pornographie et qu’on se présente sur un forum, on a tendance à suivre le courant général et à faire comme les autres, sans forcément se poser suffisamment de questions, afin de prendre du recul à la fois sur le fonctionnement des autres, mais aussi sur le sien. Concernant l’approche « NoFap », mon constat est simple : à force de se retenir de se masturber, dans la plupart des cas, les personnes rechutent sans cesse.

Pourquoi ? Parce-qu’à force de se retenir, elles accumulent de plus en plus de tensions sexuelles, et bien entendu, vivent le sevrage avec de plus en plus de difficulté. Résultat : la majorité d’entre eux « explosent » et rechutent au bout de 10, 20, 30 ou 40 jours. C’est ce que j’appelle l’ « effet cocotte minute ».

Par la suite, la personne vient souvent courageusement admettre sa rechute, avant de reprendre à nouveau sa route, qui est une éternelle lutte, où le temps qui passe est synonyme d’augmentation de la difficulté. Comprenez qu’en vous empêchant d’évacuer l’énergie sexuelle accumulée pendant plusieurs jours voir semaines, il est tout à fait logique que le risque de rechute augmente considérablement avec le temps, étant donné que plus vous vous retenez de vous masturber, plus le sevrage devient difficile, puisque vous êtes totalement « surchargés ». Vous ne relâchez pas les tensions, vous êtes donc forcément de plus en plus en demande de sexe, et au bout de quelques jours ou semaines, c’est la rechute.

Malheureusement, la plupart des personnes en sevrage restent coincées dans le cercle vicieux décrit ci-dessus, et qui est en fait une autre forme d’addiction : l’addiction « par intermittence » .

En fait, les plus grosses rechutes ont lieu après avoir été trop privatif vis-à-vis de ses besoins sexuels.

Se masturber (à condition de le faire dans le contrôle, et sans porno bien entendu) permet de relâcher les tensions sexuelles, afin d’éviter de se sentir de plus en plus frustré, et d’éviter l’effet « cocotte minute ». Moi-même, c’est lorsque j’ai continué la masturbation pendant le sevrage que j’ai pu réussir à arrêter complètement, avec BEAUCOUP moins d’efforts. En fait, j’ai même compris que ce qui rendait le sevrage si difficile, c’était précisément le fait de me retenir de me masturber. Je n’avais pas conscience qu’il était possible d’apprendre à se masturber tout en sortant de la compulsivité et des fantasmes pornographiques.

« Si je me masturbe je ne guéris pas de la masturbation compulsive, et je continue d’alimenter l’addiction ».

Il faut bien distinguer la masturbation compulsive de la « masturbation contrôlée ».

La première est en effet problématique, car elle entretient des « ponts » avec l’addiction. Elle est associée à une grande fébrilité, un geste très rapide, un état d’excitation typique de la consommation de porno, et une sorte d’état d’auto-hypnose où on se repasse les films/scènes porno dans la tête. Se masturber de cette façon sans exercer de contrôle sur ses fantasmes risque en effet de vous maintenir dans une envie de voir de la pornographie.

Le second type de masturbation, est en fait pratiquée « en conscience », et consiste à déconditionner progressivement le cerveau, pour dissocier de plus en plus la masturbation et la pornographie, en exerçant une prise de contrôle sur ses pensées/fantasmes. Résultats : les fantasmes sont progressivement remplacés par des nouveaux, la compulsivité se dissipe petit à petit, et les « passerelles » avec l’addiction s’évaporent.

On sort de la masturbation compulsive pour retrouver une sexualité plus calme et plus épanouissante, où nous apprenons à travailler main dans la main avec notre libido plutôt que de la réprimer. Le sevrage est vécu de façon beaucoup plus facile, car on évacue la pression, les tensions sexuelles régulièrement.

CLIQUEZ ICI POUR LIRE L’ARTICLE COMPLET : « La Masturbation Contrôlée »

ALLER PLUS LOIN :

Voici quelques pistes de réflexion pour vous aider à comprendre pourquoi est-ce qu’il est probable que vous ressentiez une attirance pour l’approche « NoFap ».

1- L’approche « NoFap » cache souvent une répression de sa sexualité, et repose sur un problème de culpabilité et de honte.

J’ai pu constater au cours de toutes ces années que la décision de ne plus se masturber repose souvent sur de la honte et de la culpabilité que ressent la personne dépendante au porno vis-à-vis de sa sexualité. En effet, une fois qu’elle a pris conscience de son addiction, la personne bascule souvent dans un refoulement de ses fantasmes, de sa masturbation et même souvent de toute forme d’excitation sexuelle. Elle fuit sa libido, car celle-ci lui rappelle malheureusement son expérience avec l’addiction, et influencée par d’autres personnes dépendantes ayant le même fonctionnement, elle finit rapidement par penser qu’il faut refouler toute forme d’excitation. Ceci pose de réels soucis au cours de la guérison, car la personne ne se réconcilie pas avec elle-même, continuant de ressentir de la honte et de la culpabilité pour des choses qui pourtant, ne font de mal à personne.

Je pense qu’il est très important d’apprendre à faire la part des choses pour guérir véritablement. Guérir, ce n’est certainement pas réussir à ne plus se masturber (sans porno évidemment) ni à réprimer sa libido.

- Cette approche est influencée par le fait que la masturbation est trop souvent un sujet tabou, stigmatisée déjà de base dans notre culture. Cela n’aide en rien la personne en sevrage à se réconcilier avec sa sexualité.

- La personne dépendante a tendance un peu à se « punir » et aussi à paniquer quand il ressent une envie de sexe, un désir de se masturber. Pourtant, ces choses sont parfaitement naturelles.

- Ajoutons à cela la croyance très répandue prétendant qu’il est nécessaire de stopper la masturbation pour déconditionner son cerveau des fantasmes porno et de la compulsivité, et nous voilà avec une sorte de doctrine difficile à démystifier, qui prétend qu’il faut refouler la masturbation.

2 – Le « NoFap » risque de vous enfermer dans une quête de performance, un « marathon de l’abstinence » contre-productif.

Malheureusement, beaucoup de gens pensent que pour se sentir bien avec soi-même,  il faut « en baver ». Pourtant non, il est possible de construire une bonne estime de soi, réelle et solide sans avoir à souffrir. L’estime de soi est factuelle, elle est basée sur l’accomplissement de choses bonnes pour soi et pour les autres. Il faut faire attention à l’égo, qui lui en revanche cherche parfois à s’identifier à une forme de perfectionnisme, et raffole justement de la performance. Il faut rester vigilant et ne pas trop le cultiver. Hors, l’approche « NoFap » risque de le développer.

Posez-vous la question sincèrement : « suis-je en train de vouloir accomplir une performance pour me sentir mieux avec moi-même ? » Si la réponse est oui, alors je peux vous dire que ça risque de vous emmener dans une impasse. Vous risquez de perdre le sens des priorités, en confondant guérison avec « marathon ». Vous allez gaspiller votre énergie et créer toujours plus de culpabilité et de honte envers votre libido et votre masturbation.  Tant que vous la pratiquez de façon contrôlée, vous guérissez. Le « NoFap » vous enferme dans une lutte contre votre libido, ce qui n’est pas bon pour votre estime de vous, et pour faire la Paix avec vous-mêmes. Il faut vous déculpabiliser pour tout ce qui ne relève pas d’actes nuisibles : un fantasme, quel qu’il soit, reste une pensée et non un acte, tant qu’il reste dans la tête. Ressentir une pulsion sexuelle, une excitation en voyant une femme/un homme dans la rue, c’est naturel. Se masturber est également une chose naturelle, et même nécessaire, particulièrement quand on a moins de 35/40 ans, afin d’évacuer les tensions.

Ne soyez pas en compétition, ni avec les autres, ni avec vous-mêmes, car il ne s’agit pas de cela ici, et que cela risque de vous empêcher de vous libérer de vos propres démons et de vous épanouir.

Je vous recommande de vous en tenir à ceci : arrêter le porno, et guérir des sentiments négatifs et émotions négatives (Cultivez la Compassion avec le « Higher Consciousness Healing » de Tara Springett (Psychothérapeute, Conseillère en Addictologie, Créatrice de la « Higher Consciousness Healing »).

Et si pour l’instant vous n’arrivez pas à vous empêcher de penser à du porno lorsque vous croisez une personne attrayante, inutile de vous culpabiliser. Il n’y là aucun acte. Je ne vous dit pas qu’il est bon d’alimenter les fantasmes trop hard, car cela peut vous poser des soucis dans votre vie amoureuse et sexuelle. Mais ce que je vous suggère, c’est d’apprendre à en rire, pour sortir du drame. Il n’y a là aucun problème. Vous n’avez rien FAIT.

PS : pour les personnes en couple, j’encourage à favoriser les relations sexuelles et le rapprochement avec la/le partenaire, surtout si vous avez tendance à utiliser la masturbation comme moyen d’éviter l’intimité du couple. Toutefois, il n’y a pas de règle absolue, et même lorsqu’on est en couple, on a le droit de se masturber. Donc après c’est à vous de ressentir les chose.

Témoignages de personnes ayant traversé le sevrage en continuant la masturbation :

                                                      (d'autres à venir...)

(dépendant guéri – Homme) : « Pour ma part, j’ai donc appliqué la méthode de « masturbation contrôlé », afin de retrouver mes propres images mentales du sexe : celle de mes expériences (j’ai plus de 40 ans) ou celles de mes fantasmes… Et ça marche ! Je perçois maintenant que je retrouve, depuis peu, une vie sexuelle comme avant l’addcition, dans laquelle il y a la masturbation, mais « normale », et aussi, bien sûr, des rapports avec ma compagne. »

(la même personne parle des erreurs à  éviter lors du sevrage, et témoigne qu’arrêter la masturbation est une erreur) :

« C’est un peu comme les personnes qui font un régime en se privant par exemple de tout aliment sucré : résultat, elles font le yoyo entre des pertes de poids soudaines et des prises de poids toutes aussi rapides en se précipitant sur les premiers gâteaux venus. L’effet « cocotte minute » décrit par certains est une réalité insurmontable »

(Homme en sevrage) : « La masturbation « contrôlée » je la pratique depuis quelques jours et franchement ca aide ! »

( Homme ancien dépendant guéri) : »il y a le problème de la «surmasturbation», lorsqu’on l’utilise pour fuir des ressentis et/ou des responsabilités. Je le fais environ une fois par jour, cela me semble naturel, et je ne pense pas que ce soit malsain. Une autre chose… Je trouve que si je me masturbe trop souvent et trop « hard », il est difficile de sortir avec ma partenaire. Je suis totalement pour le sexe en solo, mais je préfère que les créneaux que j’y accorde n’empiète pas sur celui que je passe avec ma partenaire. »

(Homme ancien dépendant guéri) : « Après environ 20-30 minutes à résister, je me suis contenté de faire des efforts, en me concentrant sur le fait de me masturber de façon tranquille et lente. Et honnêtement, je me sens beaucoup plus soulagé … La vie ne devrait pas être une bagarre. Les changements positifs demandent du travail, mais cela devrait être naturel. À n’importe quel moment de ma vie j’ai forcé pour provoquer des changements « sains », qui au final ne l’étaient pas du tout, comme manger un régime super restreint pour perdre du poids (et tout reprendre 4 mois plus tard). Maintenant, je mange sainement mais je mange équilibré et jusqu’à ce que je sois rassasié – j’évite juste la plupart des trucs sucrés, de la junk food et les trucs gras. Étonnamment ou non, j’ai perdu du poids, je l’ai gardé, et continuer à avancer me semble être la meilleure chose à faire. Processus de pensée similaire avec la masturbation ici. »

« la masturbation n’est mauvaise que si tu utilises du porno. C’était dur au début mais maintenant je peux le faire presque sans aucun support. « 

Discussion sur le forum pornfree intitulée : « Est-il si Grave de se Masturber ? »

« J’ai cessé de regarder du porno pendant près d’une semaine maintenant. Je comprends pourquoi le porno est mauvais. Mais qu’en est-il de la masturbation ? A mon avis, la masturbation n’est mauvaise que si vous utilisez du porno. Je suppose que ce que je demande c’est: est-ce que c’est mauvais de se masturber, même si c’est sans porno ? »

Réponse proposée :

« J’écris en ce moment un long article à ce sujet. Je suis un ex-dépendant au porno, et ce que je peux te dire c’est:

personnellement, je pense que la masturbation ou pas n’est pas le problème réel. Le plus important est de ressentir la progression (les « cravings » devraient diminuer au fil du temps). Personnellement, j’ai essayé l’approche « NoFap » pendant des années, et c’était clairement une mauvaise option. Car :

- la masturbation n’est pas le problème. Le problème est que si vous le faites en permettant à tous vos fantasmes porno hard de venir dans votre esprit, alors vous créez la compulsion. Mais, d’après mon expérience, il est possible d’apprendre à gérer les pensées sexuelles et les fantasmes tout en diminuant progressivement la compulsion pendant la masturbation, en remplaçant les vieux fantasmes pornographiques hard par des pensées plus basées sur l’amour et la douceur. Ceci permet de revenir à une masturbation plus saine.

- la stigmatisation de la masturbation est une réaction très classique de la honte et de la culpabilité issue de la dépendance au porno. Mais définitivement, la masturbation non compulsive est naturelle.

- Quoi que vous décidiez, il vaudra TOUJOURS mieux se masturber parce que vous ressentez une envie, que de retomber dans le porno.

- Si vous êtes en couple, vous devriez être prudent, essayer de développer une vie sexuelle plus intime avec votre partenaire, plutôt que de trop vous enfermer dans une « auto-sexualité », à laquelle vous êtes sensible à cause de votre passé.

- l’âge est aussi un facteur. Si vous êtes jeune, il est normal d’avoir envie de se masturber, tant que vous gardez une discipline de soi (ce qui est précieux pour tout dans la vie, je pense), pas de soucis.

- Le plus important, je pense, est de ne pas stigmatiser la masturbation, et de vous permettre de le faire, mais avec une autodiscipline (pas de sources internet autour de vous, et peut-être seulement à la fin de la journée pour éviter la masturbation / procrastination et pour augmenter l’endormissement, en essayant de gérer vos pensées sexuelles pour sortir de la compulsion. Pensez aussi à définir une fréquence maximale à laquelle vous tenir.

Je vous recommande de lire https://yourbrainonporn.com/what-about-fantasizing-during-reboot  « 

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